Manifestation du 24 octobre à Montpellier : le tribunal administratif confirme l'interdiction préfectorale

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En bref
- Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté vendredi plusieurs recours contre l'arrêté préfectoral d'interdiction.
- La manifestation du 24 octobre, portée par le syndicat FO ESR, visait notamment le couvre-feu imposé aux mineurs non accompagnés dans certains secteurs de la ville.
- La préfecture s'appuie sur les débordements du cortège du 17 octobre, qui avait réuni environ 35 000 personnes avant des affrontements et des pillages en centre-ville.
- Un itinéraire de repli évitant l'hypercentre avait été proposé par les organisateurs, mais jugé insuffisant par la préfecture.
- Le syndicat FO dénonce une atteinte au droit de manifester.
L'audience s'est tenue vendredi après-midi dans une ambiance tendue : le tribunal administratif de Montpellier examinait en référé-liberté trois recours déposés par des syndicats et associations contre la décision préfectorale. Au final, le juge a tranché en faveur de la préfecture et confirmé l'interdiction de la mobilisation prévue ce samedi 24 octobre.
Cette manifestation, déclarée par le syndicat FO de l'enseignement supérieur et de la recherche, entendait notamment protester contre le couvre-feu imposé aux mineurs non accompagnés dans certains quartiers de Montpellier.
Le poids des débordements du 17 octobre
Pour justifier son refus, la préfète de l'Hérault invoque les risques pour l'ordre public. Elle s'appuie sur le précédent du samedi 17 octobre, lorsqu'un cortège pacifique ayant réuni environ 35 000 personnes avait dégénéré en fin de parcours : des affrontements avaient éclaté, accompagnés de dégradations et de pillages de commerces dans le centre-ville. Dans la foulée, l'État avait décidé d'interdire tout rassemblement et renforcé la présence des forces de l'ordre.
L'administration a également mis en doute la légitimité du déclarant de la manifestation du 24, estimant qu'il s'agissait de la même personne qu'au 17 octobre et qu'elle n'aurait pas réussi à garantir le bon déroulement du cortège précédent. Le syndicaliste concerné, délégué FO pour l'enseignement supérieur, conteste avoir agi sans mandat et affirme détenir une attestation syndicale en règle.
Un itinéraire de repli jugé insuffisant
Pour tenter de rassurer l'administration, les organisateurs avaient proposé un parcours alternatif évitant le cœur de la ville : départ du Peyrou à 14h, passage par le boulevard du Jeu-de-Paume puis l'avenue Clemenceau, avant de rejoindre l'avenue de Toulouse jusqu'au rond-point du Grand M.
| Étape | Lieu |
|---|---|
| Départ (14h) | Peyrou |
| Puis | Boulevard du Jeu-de-Paume |
| Puis | Avenue Clemenceau |
| Puis | Avenue de Toulouse |
| Arrivée | Rond-point du Grand M |
Ce tracé n'a pas convaincu la préfecture, dont l'avocat a fait valoir devant le tribunal qu'un départ du Peyrou restait trop proche des axes menant à la préfecture et à la place de la Comédie pour écarter tout risque de débordement.
Du côté des organisateurs, on a défendu la représentativité du syndicat et sa volonté affichée d'un défilé pacifique, en rappelant que le maintien de l'ordre public relève avant tout de la responsabilité de l'État et non de celle des déclarants d'une manifestation.
FO dénonce une atteinte aux libertés
Après la décision du tribunal, les responsables de Force Ouvrière ont vivement réagi, qualifiant le droit de manifester de liberté fondamentale et dénonçant les interdictions prononcées ce week-end par de nombreuses préfectures en France. Le syndicat réclame que cette liberté soit garantie partout, afin que salariés, lycéens et étudiants puissent continuer à exprimer leurs revendications dans un cadre déclaré et sécurisé.
Infos pratiques
- Décision
- Tribunal administratif de Montpellier, vendredi 23 octobre 2026 (référé-liberté)
- Manifestation concernée
- Prévue samedi 24 octobre 2026, à l'appel du syndicat FO ESR
- Issue
- Interdiction préfectorale confirmée
- Itinéraire de repli proposé
- Peyrou → boulevard du Jeu-de-Paume → avenue Clemenceau → avenue de Toulouse → rond-point du Grand M
À retenir
- Le tribunal administratif a validé l'interdiction malgré un tracé alternatif évitant le centre-ville.
- La préfecture justifie sa décision par les violences et pillages survenus en fin de cortège le 17 octobre.
- Le syndicat FO conteste la remise en cause du mandat de son déclarant et dénonce une atteinte au droit de manifester.
Questions fréquentes
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