Manifestation interdite : plusieurs milliers de personnes ont quand même défilé samedi à Montpellier

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En bref
- Le cortège du 24 octobre a eu lieu malgré l'interdiction décidée par la préfète de l'Hérault
- Le tribunal administratif, puis le Conseil d'État, ont été saisis en urgence mais n'ont pas suspendu l'interdiction
- Plusieurs milliers de personnes ont marché du campus Triolet jusqu'à la place de la Comédie, trams interrompus
- Des gaz lacrymogènes ont été utilisés et, selon plusieurs médias locaux, une trentaine de personnes auraient été interpellées
- La préfecture avait justifié l'interdiction par le bilan du 17 octobre : des dizaines de policiers blessés et des commerces pillés
L'interdiction de manifester prononcée par la préfète de l'Hérault pour la journée du 24 octobre n'a pas empêché plusieurs milliers de personnes de battre le pavé à Montpellier. Le rassemblement, déclaré par un syndicat étudiant, s'est tenu dans un climat toujours marqué par les violences survenues une semaine plus tôt, le 17 octobre.
Une interdiction maintenue malgré trois recours
Saisi en urgence, le tribunal administratif a rejeté vendredi soir trois requêtes en référé-liberté déposées par un syndicat universitaire, un syndicat d'avocats et plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l'Homme. La décision, rendue seulement samedi en milieu de matinée, s'appuie sur la crainte de voir le cortège à nouveau récupéré par des groupes violents, ainsi que sur le fait que le point de départ prévu se trouvait dans le périmètre visé par l'arrêté. Le couvre-feu imposé aux mineurs non accompagnés, pris par un arrêté distinct, a lui aussi été validé.
Les organisations déboutées ont immédiatement saisi le Conseil d'État, sans qu'une décision ne soit connue samedi soir.
Un cortège qui a quand même traversé la ville
Sur le terrain, l'interdiction n'a dissuadé personne. Dès le début de l'après-midi, le cortège s'est élancé du campus Triolet tandis que la place de la Comédie se remplissait de son côté. Conformément au dispositif annoncé par la préfecture, les tramways sont restés à l'arrêt toute la journée.
Le défilé a ensuite sillonné plusieurs quartiers : l'esplanade, le Corum, la place Albert-Ier, les quais du Verdanson, les abords des lycées Joffre et Mermoz ou encore la médiathèque Émile-Zola. Des grenades lacrymogènes ont été employées par les forces de l'ordre à plusieurs reprises durant cette longue déambulation.
Selon plusieurs médias locaux, une trentaine de personnes auraient été interpellées en marge du rassemblement et deux policiers auraient été blessés. Ces éléments restent à confirmer par un bilan officiel.
Le souvenir encore vif du 17 octobre
Pour justifier le maintien de l'interdiction, la préfecture s'est appuyée sur le bilan qu'elle a elle-même dressé de la précédente mobilisation, le 17 octobre : environ 35 000 participants, parmi lesquels quelque 5 000 personnes se seraient livrées à des violences. Une quinzaine de commerces auraient été pillés dans l'hyper-centre et une cinquantaine de commerces, banques ou bâtiments publics auraient été dégradés. Au total, 48 policiers auraient été blessés et 69 personnes interpellées, dont une dizaine de mineurs.
Ce bilan, encore commenté une semaine plus tard, explique en grande partie la fermeté des autorités face à la nouvelle demande de défilé.
Ce que ça change pour les Montpelliérains
- Les lignes de tramway du centre-ville ont été interrompues toute la journée du samedi 24 octobre.
- Plusieurs axes du centre historique et des quartiers traversés par le cortège ont été perturbés en milieu d'après-midi.
- La question d'une nouvelle mobilisation reste ouverte, dans l'attente d'une décision du Conseil d'État sur le fond du droit à manifester.
Infos pratiques
- Date
- Samedi 24 octobre 2026
- Lieu
- Centre-ville de Montpellier, du campus Triolet à la place de la Comédie
- Transports
- Tramways interrompus toute la journée
- Statut juridique
- Manifestation interdite par arrêté préfectoral, interdiction validée par la justice
À retenir
- L'interdiction préfectorale a été jugée légale par le tribunal administratif, saisine du Conseil d'État toujours en cours
- Plusieurs milliers de personnes ont tout de même défilé dans le centre-ville
- Le bilan avancé par la préfecture pour le 17 octobre (dizaines de blessés, commerces pillés) a pesé dans la décision judiciaire
Questions fréquentes
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