Lycées bloqués à Montpellier : la police municipale a-t-elle fait du maintien de l'ordre ?

La rédaction·
Lycées bloqués à Montpellier : la police municipale a-t-elle fait du maintien de l'ordre ?

En bref

  • Rapport de l'Observatoire des libertés de Montpellier publié le 12 octobre
  • Accusation : la police municipale aurait participé au maintien de l'ordre lors du blocus des lycées
  • Incidents documentés le 1er octobre devant le lycée Mermoz puis vers le quartier Antigone
  • L'adjoint à la sécurité Sébastien Côte dément toute implication dans des violences
  • Échange tendu au conseil municipal du 6 octobre avec l'élue LFI Livia Jampy

Depuis le début de la mobilisation lycéenne, lancée le 29 septembre contre le manque de moyens dans les établissements, la question du rôle exact de la police municipale montpelliéraine agite le conseil municipal. En cause : sa présence, casquée et équipée de boucliers, aux côtés de la Brigade anti-criminalité (BAC) lors d'opérations de dispersion.

Ce que documente l'Observatoire des libertés

Un rapport publié le 12 octobre par l'Observatoire des libertés de Montpellier, structure proche de la Ligue des droits de l'Homme, pointe ce qu'il qualifie de recours quasi-systématique à la police municipale dans des dispositifs de maintien de l'ordre. Selon plusieurs médias locaux, l'organisation s'appuie sur des photos et vidéos prises notamment le 1er octobre devant le lycée Mermoz, où l'incendie d'une poubelle avait provoqué des tensions suivies de l'usage de gaz lacrymogène.

Sur ces images, des agents municipaux casqués et porteurs de boucliers apparaissent en formation groupée, intégrés à une charge menée par la BAC, puis dans un mouvement de dispersion qui aurait repoussé un rassemblement spontané vers le quartier Antigone. L'Observatoire estime que cette coordination dépasse les missions habituelles de la police municipale, normalement cantonnée à la circulation et à la tranquillité publique plutôt qu'au maintien de l'ordre à proprement parler.

Un conseil municipal sous tension

L'affaire a éclaté le 6 octobre lors du conseil municipal, pendant que des lycéens bloquaient leurs établissements à l'extérieur. La conseillère LFI Livia Jampy a interpellé Sébastien Côte, premier adjoint en charge de la tranquillité publique et ancien adjoint à la sécurité, l'accusant d'avoir progressivement transformé la police municipale en renfort de la police nationale :

« On lui confie des équipements dits anti-émeute, une présence dans des dispositifs qui ne sont pas les siens, et petit à petit, on la transforme en supplétif de la police nationale là où l'État se désengage. »

L'élue a aussi dénoncé les conséquences concrètes pour les lycéens mobilisés, évoquant gaz lacrymogène, charges et interpellations.

La défense de l'adjoint à la sécurité

Sébastien Côte a catégoriquement rejeté ces accusations :

« La police municipale n'est en rien concernée. Ou alors, apportez-moi les preuves. »

Selon lui, les agents présents devant Mermoz visaient seulement à sécuriser un carrefour, et leurs équipements de protection répondaient au risque de jets de projectiles visant toute personne en uniforme. Il a par ailleurs justifié une intervention près des halles Jacques-Cœur par la nécessité de protéger ce bâtiment municipal, dont l'entrée aurait été visée pendant les troubles.

Ce qu'il faut retenir pour les habitants

  • Le débat porte sur l'emploi de la police municipale montpelliéraine, habituellement affectée à la circulation et à la tranquillité publique, pendant les blocus lycéens.
  • Des incidents ont eu lieu le 1er octobre devant le lycée Mermoz, puis vers le quartier Antigone.
  • La mobilisation lycéenne dure depuis le 29 septembre.
  • Les deux lectures des mêmes images - rapport de l'Observatoire contre version de l'élu - restent pour l'instant irréconciliables.

Infos pratiques

29 septembre
Début de la mobilisation lycéenne à Montpellier
1er octobre
Incidents devant le lycée Mermoz
6 octobre
Interpellation de Sébastien Côte au conseil municipal
12 octobre
Publication du rapport de l'Observatoire des libertés de Montpellier

À retenir

  • La police municipale est en principe chargée de la circulation et de la tranquillité publique, pas du maintien de l'ordre.
  • L'Observatoire des libertés documente par images une participation jugée organisée aux côtés de la BAC.
  • L'adjoint à la sécurité maintient que les agents n'ont fait que protéger des biens municipaux et sécuriser des carrefours.

Questions fréquentes

La police municipale de Montpellier peut-elle intervenir en marge d'une manifestation ?
Selon l'Observatoire des libertés, ses missions se limitent en principe à la circulation et à la tranquillité publique ; l'adjoint à la sécurité affirme de son côté qu'elle est intervenue uniquement pour protéger des bâtiments et sécuriser des carrefours.

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