Blocus des lycées à Montpellier : nouvelle manifestation, fort dispositif policier et objets dangereux saisis

En bref
- Nouvelle manifestation lycéenne jeudi 15 octobre, place Albert-1er, environ 1 000 participants, en baisse par rapport à mardi
- Mardi 13 octobre, environ 7 000 jeunes et syndicalistes avaient défilé avant une dispersion aux gaz lacrymogènes place de la Comédie et à l'Esplanade Charles-de-Gaulle
- Selon la police, des lycéens et jeunes interpellés étaient porteurs d'une arme à feu, d'un marteau, d'engins incendiaires artisanaux et de produits inflammables
- Un arrêté préfectoral interdit désormais l'accès au centre-ville historique aux cortèges
- Un rapport d'un observatoire des libertés met en cause la police municipale, ce que la mairie conteste fermement
Depuis fin septembre, Montpellier vit au rythme des blocus lycéens et des manifestations à répétition. Le mouvement, porté par des lycéens, des étudiants et soutenu par des syndicats enseignants et des parents d'élèves, réclame notamment davantage de moyens pour l'Education et la suppression de ParcourSup. Mi-octobre, la mobilisation se poursuit, même si elle montre des signes d'essoufflement.
Une mobilisation qui se maintient malgré la fatigue
Ce jeudi 15 octobre, un nouveau cortège s'est élancé de la place Albert-1er en direction du boulevard Pasteur, puis du Corum et de la place de la Comédie. Environ un millier de personnes y ont participé, un chiffre en net retrait par rapport au défilé de mardi 13 octobre, qui avait réuni quelque 7 000 jeunes et syndicalistes. Ce jour-là, la dispersion du cortège, intervenue en fin d'après-midi sur la place de la Comédie et à l'Esplanade Charles-de-Gaulle, avait nécessité l'usage de gaz lacrymogènes par les CRS et les gendarmes mobiles.
Le parcours des manifestants reste désormais contraint par un arrêté préfectoral qui leur interdit l'accès à l'Écusson, le centre historique de Montpellier. Du côté des lycéens, le ton reste déterminé face à ce qu'ils perçoivent comme une réponse disproportionnée : plusieurs d'entre eux affirment vouloir maintenir la pression, estimant que le déploiement policier devant leurs établissements prouve que leur mobilisation porte.
Armes et engins incendiaires retrouvés chez des jeunes
En marge des opérations de blocus et des manifestations, plusieurs services de police — policiers nationaux et municipaux, CRS, gendarmes mobiles — ont multiplié les interventions et les interpellations, suivies de gardes à vue. Selon les autorités, ces contrôles ont permis de découvrir, dans les affaires de certains adolescents et jeunes majeurs, une arme à feu, un marteau, des barres métalliques, des engins incendiaires artisanaux, des produits inflammables ainsi que des matraques et des pavés.
Ces objets, retrouvés aux abords d'établissements scolaires, ont été placés sous scellés dans le cadre d'enquêtes supervisées par le parquet de Montpellier. Aucune identité n'a été communiquée, les personnes concernées restant à ce stade uniquement mises en cause dans des procédures en cours.
La police municipale accusée, la mairie dément
Le rôle des forces de l'ordre fait aussi débat sur le plan politique. Un rapport publié le 12 octobre par un observatoire local des libertés affirme, photos à l'appui, que la police municipale a participé de façon organisée au maintien de l'ordre lors de plusieurs rassemblements, aux côtés de la brigade anti-criminalité — une mission qui ne relève normalement pas de ses prérogatives.
La question a été portée devant le conseil municipal début octobre. L'exécutif municipal rejette toute idée de maintien de l'ordre et assure que les agents présents devant les lycées n'avaient qu'un rôle de prévention et de protection, notamment face aux jets de projectiles. Cette controverse fait écho aux critiques déjà formulées par une partie des manifestants sur la fermeté du dispositif policier déployé ces dernières semaines.
Et maintenant ?
Selon des médias locaux, un nouveau grand rassemblement est annoncé pour le 17 octobre. Les autorités ont indiqué rester vigilantes lors des prochaines mobilisations.
Infos pratiques
- Dernière manifestation
- Jeudi 15 octobre, départ place Albert-1er
- Parcours
- Boulevard Pasteur → Corum → place de la Comédie
- Restriction
- Accès à l'Écusson interdit par arrêté préfectoral
- Prochaine échéance évoquée
- 17 octobre
À retenir
- La mobilisation lycéenne se poursuit à Montpellier depuis fin septembre, avec une participation en baisse mi-octobre
- Des objets dangereux ont été saisis par la police sur des jeunes en marge des rassemblements
- Le rôle de la police municipale dans le maintien de l'ordre est contesté par un observatoire des libertés, ce que la mairie réfute
Questions fréquentes
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