Montpellier Métropole vote une stratégie pour se détacher de Microsoft et des géants américains du numérique

La rédaction·
Montpellier Métropole vote une stratégie pour se détacher de Microsoft et des géants américains du numérique

En bref

  • Vote unanime du conseil métropolitain, le 13 octobre 2026, d'une « trajectoire de souveraineté numérique »
  • Objectif affiché : remplacer Word, Excel et Teams par des solutions alternatives, libres ou européennes
  • Le contrat avec Microsoft coûterait actuellement 1,8 million d'euros par an à la ville et à la métropole
  • La démarche s'inscrit dans le programme national Tie Break, mené avec d'autres collectivités françaises
  • Montpellier rejoint un mouvement déjà engagé par plusieurs villes françaises depuis 2025

Le conseil de la Métropole de Montpellier a adopté à l'unanimité, mardi 13 octobre, une feuille de route pour affranchir progressivement l'administration locale des logiciels américains, Microsoft en tête. Porté par le maire et président de Métropole Michaël Delafosse ainsi que par l'élu délégué à la souveraineté numérique et à l'innovation, Manu Reynaud, ce texte s'inscrit dans le programme Tie Break (Trajectoire d'Indépendance Numérique Européenne), mené conjointement avec d'autres collectivités françaises.

Pourquoi vouloir rompre avec les géants américains

Les élus justifient cette bascule par la crainte de perdre la maîtrise des données publiques et des outils du quotidien. Ils citent notamment le cas d'un magistrat français de la Cour pénale internationale qui, après avoir validé un mandat d'arrêt visant le Premier ministre israélien, aurait été sanctionné par le Trésor américain et se serait retrouvé coupé, selon plusieurs médias locaux, de la plupart de ses services numériques : messagerie, carte bancaire, cloud, réservations en ligne. Un épisode présenté par la Métropole comme la preuve qu'une dépendance technologique totale à des acteurs étrangers peut, du jour au lendemain, isoler une personne ou, à plus grande échelle, une collectivité.

Ce qui doit changer dans les bureaux de la collectivité

Concrètement, la ville et la métropole veulent proposer à leurs agents des alternatives à la suite Microsoft 365, en particulier à Word, Excel et Teams, au profit de logiciels libres ou de solutions développées à l'échelle européenne. La bascule ne se fera pas en un jour : les élus parlent d'une transition étalée sur les deux à trois prochaines années, pour une bascule effective de l'essentiel des usages.

Une question de budget autant que de principe

Au-delà de la protection des données, l'argument financier a pesé dans la décision.

  • Le contrat liant Microsoft à la ville et à la métropole représenterait environ 1,8 million d'euros par an.
  • À chaque renouvellement, tous les trois ans environ, l'entreprise américaine aurait proposé des hausses de prix de 15 à 40 %.
  • Les élus estiment que ces augmentations ne s'accompagnent pas forcément d'améliorations équivalentes des logiciels.

Pour Manu Reynaud, l'enjeu n'est pas d'être "pour ou contre" une entreprise américaine en particulier, mais de ne plus dépendre, financièrement et techniquement, d'un fournisseur unique en position dominante.

Montpellier, loin d'être un cas isolé

Cette démarche s'inscrit dans un mouvement plus large chez les collectivités françaises, qui multiplient depuis quelques mois les initiatives similaires pour réduire leur dépendance aux grands éditeurs américains et reprendre la main sur leurs outils numériques. Montpellier se place ainsi aux côtés d'autres grandes villes françaises ayant entamé, parfois dès 2025, une transition comparable vers des solutions jugées plus souveraines.

Infos pratiques

Date du vote
Mardi 13 octobre 2026
Instance
Conseil de la Métropole de Montpellier
Portage politique
Michaël Delafosse (maire et président de Métropole) et Manu Reynaud (élu à la souveraineté numérique)
Programme associé
Tie Break (Trajectoire d'Indépendance Numérique Européenne)
Horizon de transition
Environ deux à trois ans pour les principaux logiciels de bureautique

À retenir

  • Vote unanime des élus métropolitains pour réduire la dépendance à Microsoft et aux géants américains du numérique
  • Word, Excel et Teams doivent être progressivement remplacés par des alternatives libres ou européennes
  • Le contrat Microsoft coûterait 1,8 million d'euros par an à la collectivité, avec des hausses régulières
  • Montpellier s'inscrit dans une tendance nationale déjà engagée par d'autres collectivités françaises

Questions fréquentes

Les agents de la Métropole vont-ils arrêter d'utiliser Word et Excel du jour au lendemain ?
Non, les élus évoquent une transition progressive sur les deux à trois prochaines années, le temps de déployer des alternatives fonctionnelles.
Pourquoi la Métropole veut-elle quitter Microsoft ?
Pour des raisons de protection des données et de souveraineté numérique, mais aussi pour des raisons budgétaires, le contrat actuel coûtant environ 1,8 million d'euros par an avec des hausses régulières.

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