toutmontpellier.fr

TotalEnergies dans les amphis : le partenariat avec l'Université de Montpellier fait débat

La rédaction·
TotalEnergies dans les amphis : le partenariat avec l'Université de Montpellier fait débat

En bref

  • Convention signée le 11 juin entre l'Université de Montpellier et TotalEnergies
  • Le partenariat porte sur le master Mention Énergie de la Faculté des sciences, environ 80 étudiants concernés
  • Des salariés et retraités du groupe interviendront dans la formation, avec stages et pistes d'embauche à la clé
  • Plusieurs enseignants-chercheurs dénoncent le rôle donné à un groupe pétrolier dans l'évaluation des étudiants
  • Le passé du groupe sur la connaissance du changement climatique est pointé du doigt par les opposants

L'Université de Montpellier a acté, le 11 juin, un accord de coopération de trois ans avec TotalEnergies. Objectif affiché : adosser le master Mention Énergie, rattaché à la Faculté des sciences, aux réalités du secteur industriel. La nouvelle, révélée par plusieurs médias, suscite depuis de vives réactions dans la communauté universitaire.

Ce que prévoit l'accord

La convention cible une formation d'environ 80 étudiants. Elle organise plusieurs volets :

  • l'intervention de professionnels du groupe énergétique directement dans les enseignements
  • le développement de stages et de contrats en alternance
  • des perspectives d'embauche facilitées à la sortie du master

Côté université, la direction met en avant la nécessité de préparer les étudiants aux mutations du secteur énergétique et de renforcer leur employabilité. La présidence de l'établissement évoque la volonté de former les compétences attendues pour répondre aux défis énergétiques à venir. Du côté du groupe pétrolier, la représentation régionale justifie ce rapprochement par un besoin de profils qualifiés pour accompagner la transformation des métiers de l'énergie.

Une contestation qui monte chez les enseignants

Le projet ne fait pas l'unanimité. Plusieurs enseignants-chercheurs critiquent la place laissée à une major pétrolière dans le contenu des cours, mais aussi dans l'évaluation même des étudiants. Un professeur de mathématiques, élu au conseil de la Faculté des sciences, indique avoir découvert le dossier seulement au moment de sa présentation devant les instances, les documents n'ayant été transmis aux élus qu'une semaine avant la séance.

Les opposants renvoient à l'historique du groupe sur les questions climatiques, rappelant que sa connaissance des effets de ses activités sur le réchauffement remonterait, selon des travaux d'historiens, aux mêmes années que les premières alertes scientifiques. Certains évoquent une stratégie de « fabrique du doute », un mécanisme déjà documenté dans d'autres industries, qui aurait selon eux été reproduit par les grandes compagnies pétrolières pour retarder l'action climatique.

Le détail du dispositif pédagogique en question

Les critiques se cristallisent aussi sur le volume horaire confié aux intervenants issus du groupe. Une association réunissant des salariés et retraités de l'entreprise assurerait, selon des révélations parues fin juin, plus de soixante heures d'enseignement dans le cadre de cette formation - de quoi alimenter les interrogations sur l'équilibre entre expertise industrielle et indépendance académique au sein du cursus.

Pour l'instant, l'accord reste en vigueur tel que signé, mais le débat, lui, continue d'agiter le campus.

Infos pratiques

Date de signature
11 juin
Durée du partenariat
3 ans
Formation concernée
Master Mention Énergie, Faculté des sciences
Étudiants concernés
environ 80

À retenir

  • Un partenariat de 3 ans entre l'Université de Montpellier et TotalEnergies sur le master Énergie
  • Des intervenants du groupe assureraient une part importante des enseignements
  • Une partie des enseignants-chercheurs conteste la légitimité du groupe à intervenir dans la formation

Questions fréquentes

Combien d'étudiants sont concernés par ce partenariat ?
Le master Mention Énergie de la Faculté des sciences, visé par l'accord, compte environ 80 étudiants.
Que reprochent les enseignants opposants au partenariat ?
Ils critiquent le rôle donné au groupe pétrolier dans les enseignements et l'évaluation, et pointent son passé sur la connaissance des enjeux climatiques.

À lire aussi

D’autres actus de Montpellier

Montpellito

Votre assistant local

Une question sur Montpellier ?

Montpellito connaît la ville par cœur — adresses, sorties, artisans, actu. Il répond en un éclair, c'est plus rapide que de chercher.