Loyers encadrés à Montpellier : le Sénat prolonge le dispositif de deux ans

La rédaction·
Loyers encadrés à Montpellier : le Sénat prolonge le dispositif de deux ans

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En bref

  • Le Sénat a adopté mercredi la prolongation de deux ans de l'encadrement des loyers, par 325 voix contre 17
  • Le dispositif reste limité aux neuf territoires actuels, dont Montpellier, sans élargissement à d'autres communes
  • L'expérimentation devait s'arrêter le 24 novembre 2026 faute de nouveau texte
  • 1,2 million de locataires sont concernés en France sur 7,7 millions logés dans le parc privé
  • Une étude évoque une baisse moyenne des loyers de 2 à 4 % dans les villes les plus tendues

Réunis en séance mercredi 21 octobre, les sénateurs ont validé la poursuite du plafonnement des loyers, par 325 voix pour et seulement 17 contre. Ce vote met fin à une incertitude : sans texte de loi, l'expérimentation devait s'arrêter le 24 novembre.

Montpellier maintenue dans le dispositif, sans élargissement

Le plafond de loyer continuera donc à s'appliquer, pour deux années supplémentaires, dans les neuf territoires qui l'avaient déjà mis en place : Paris, les intercommunalités de Plaine Commune et d'Est Ensemble en Île-de-France, Lille, Lyon-Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, Grenoble et le Pays basque.

Les sénateurs ont en revanche écarté le volet le plus ambitieux du texte porté par le député socialiste Iñaki Echaniz et déjà approuvé par l'Assemblée nationale : il visait à rendre la mesure permanente et à l'ouvrir à d'autres communes. La commission des affaires économiques avait donné le ton dès la semaine précédente en repoussant cette option, par la voix de la sénatrice centriste Amel Gacquerre :

« Les conditions pour pérenniser cette expérimentation ne sont pas réunies »

Le gouvernement, de son côté, avait prévenu qu'il ne soutiendrait qu'une simple reconduction à périmètre inchangé.

Un mécanisme né de la tension immobilière

Introduit par la loi Alur en 2014 puis renforcé par la loi Elan en 2018, l'encadrement fixe un loyer maximal que les propriétaires ne peuvent pas dépasser, dans les secteurs où la demande de logements dépasse largement l'offre disponible. À l'échelle nationale, 1,2 million de foyers locataires y sont soumis, sur 7,7 millions logés dans le parc privé, selon des chiffres de la Cour des comptes.

Des bénéfices réels mais limités, selon les études

IndicateurValeur
Vote au Sénat325 voix pour, 17 contre
Fin initialement prévue de l'expérimentation24 novembre 2026
Locataires concernés (France)1,2 million sur 7,7 millions
Baisse moyenne des loyers constatée2 % à 4 %
Économie annuelle moyenne (Que Choisir Ensemble)520 €

Une évaluation remise au gouvernement en mai par deux économistes a mis en évidence des effets jugés « ambivalents » : une hausse des loyers freinée de 2 à 4 % dans les villes où se loger est le plus difficile, mais sans bénéfice ciblé pour les ménages les plus modestes. Un risque de raréfaction de l'offre locative à long terme est également évoqué, sans que les auteurs aient pu le chiffrer, faute de données suffisantes.

Élus et associations toujours divisés

Le dispositif continue d'opposer ses soutiens et ses détracteurs : fédérations immobilières et associations de propriétaires le contestent, tandis que les organisations de défense des locataires le défendent. Plusieurs dizaines de maires appliquant la mesure avaient cosigné une tribune en mai, puis une douzaine d'entre eux s'étaient retrouvés à Paris en septembre pour plaider son maintien. Le maire de Paris avait alors averti qu'y mettre fin :

« se traduirait par des augmentations vertigineuses des loyers »

Pour les locataires montpelliérains, cette prolongation signifie que le plafond continuera de s'appliquer au moins jusqu'en 2028, sans retour immédiat à une fixation totalement libre des loyers par les propriétaires.

Infos pratiques

Date du vote au Sénat
Mercredi 21 octobre 2026
Fin initialement prévue du dispositif
24 novembre 2026
Durée de la prolongation votée
Deux ans, à périmètre inchangé
Territoires concernés
Paris, Plaine Commune, Est Ensemble, Lille, Lyon-Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Pays basque

À retenir

  • Le Sénat a prolongé de deux ans l'encadrement des loyers applicable à Montpellier, sans l'étendre à d'autres villes
  • L'expérimentation, qui devait s'arrêter le 24 novembre 2026, est maintenue à l'identique dans les neuf territoires concernés
  • Les études sur ses effets restent partagées, entre baisse mesurée des loyers et risque non chiffré sur l'offre locative

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'encadrement des loyers appliqué à Montpellier ?
C'est un plafond fixé par la loi, qui limite le montant maximal qu'un propriétaire peut demander à son locataire dans les zones où la demande de logements dépasse largement l'offre.
L'encadrement des loyers va-t-il s'arrêter à Montpellier ?
Non : le Sénat a voté sa prolongation pour deux ans, à périmètre inchangé, alors qu'il devait initialement s'arrêter le 24 novembre 2026.
Combien d'argent ce dispositif permet-il d'économiser aux locataires ?
Selon une association de consommateurs, les locataires concernés économisent en moyenne 520 euros par an.

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