Blocus des lycées à Montpellier : 44 gardes à vue dont 38 mineurs, nouvelle mobilisation ce mardi

La rédaction·
Blocus des lycées à Montpellier : 44 gardes à vue dont 38 mineurs, nouvelle mobilisation ce mardi

En bref

  • 44 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 38 mineurs, selon le parquet de Montpellier.
  • Trente d'entre elles ont déjà été déférées devant la justice.
  • Plusieurs lycées montpelliérains (Léonard-de-Vinci, Mermoz, Mendès-France...) restent fermés ou basculent en cours à distance.
  • Les dégâts matériels dans les établissements touchés par des incendies dépasseraient le million d'euros selon la préfecture de l'Hérault.
  • Une nouvelle journée d'action est appelée ce mardi 6 octobre, avec le soutien des syndicats enseignants.

Depuis l'arrivée du mouvement de blocus lycéen à Montpellier, le mardi 29 septembre, la mobilisation ne faiblit pas. Plus d'une semaine après les premiers rassemblements, le climat reste tendu autour de plusieurs établissements de l'agglomération, entre fermetures, dégradations et une réponse judiciaire désormais détaillée par le parquet.

Un bilan judiciaire qui s'alourdit

Le procureur de la République de Montpellier a présenté, lundi 5 octobre, un premier décompte des suites judiciaires. Depuis le début du mouvement :

  • 44 personnes ont été placées en garde à vue sur le ressort du tribunal judiciaire de Montpellier ;
  • parmi elles, 38 seraient mineures, pour seulement 6 majeurs ;
  • huit mesures étaient encore en cours lundi en fin de journée ;
  • 30 personnes, majeures ou mineures, auraient déjà été déférées à l'issue de leur garde à vue.

Le parquet précise que ces procédures ne visent pas le blocage d'un établissement en lui-même, mais des faits qui auraient été commis à ses abords : violences contre des policiers, des gendarmes ou des agents de service public, dégradations et destructions par le feu touchant du matériel public comme privé, ou encore le fait de se présenter visage dissimulé lors de troubles à l'ordre public. Pour les mineurs mis en cause, c'est le juge des enfants qui tranche, avec la possibilité de retenir une mesure alternative aux poursuites. Le ministère public dit vouloir une réponse pénale systématique dès que les faits sont établis, tout en reconnaissant que ce décompte, encore provisoire, pourrait évoluer.

Autre conséquence, moins visible : si un mineur est reconnu responsable, ses parents peuvent être tenus civilement de réparer les dommages causés, au titre de la responsabilité parentale prévue par le droit commun.

Des incendies à l'origine d'importants dégâts

Selon la préfecture de l'Hérault, les dégradations recensées dans cinq établissements - Jules-Guesde, Léonard-de-Vinci, Jean-Mermoz et Pierre-Mendès-France à Montpellier, ainsi que Joliot-Curie à Sète - représenteraient plus d'un million d'euros de dégâts. Jules-Guesde et Pierre-Mendès-France auraient dû fermer leurs portes dès le 1er octobre après des départs de feu. Plusieurs médias locaux évoquent par ailleurs un climat de tension qui aurait contraint, au fil de la semaine, plusieurs lycées hérault à basculer temporairement en cours à distance.

Des établissements toujours perturbés

Lundi, quatre lycées montpelliérains restaient portes closes avec des cours assurés à distance : Léonard-de-Vinci, Mermoz, Frêche et Mendès-France. D'autres établissements auraient également connu des blocages filtrants sans fermeture complète.

Les enseignants rejoignent le mouvement

Les revendications lycéennes - moyens humains, classes surchargées, pression de Parcoursup, état des bâtiments - trouvent un écho chez les enseignants, déjà mobilisés fin septembre sur ces mêmes sujets. Au lycée Joliot-Curie de Sète, des professeurs témoignent de salles ayant atteint 36 degrés à la rentrée et de classes chargées jusqu'à 32 élèves. Le syndicat SNES-FSU, qui appelle ses adhérents à rejoindre les lycéens ce mardi, réclame notamment des créations de postes de remplaçants et des travaux de rénovation thermique.

Le mouvement, porté par l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante, est également soutenu par la CGT, FO, Solidaires et SUD. Le climat de tension autour de certaines interventions des forces de l'ordre inquiète aussi bien des enseignants que des spécialistes du maintien de l'ordre, qui alertent sur un risque d'escalade.

Une nouvelle journée de mobilisation ce mardi

Une nouvelle journée d'action est prévue ce mardi 6 octobre à Montpellier, mais aussi à Béziers, Nîmes, Carcassonne et Perpignan. Les organisateurs reconnaissent une situation difficile à anticiper : un rassemblement annoncé devant un établissement peut se déplacer en quelques heures. Enseignants comme lycéens espèrent une prise de position claire de l'exécutif, ainsi que des engagements budgétaires concrets pour l'Éducation nationale.

Infos pratiques

Début du mouvement
Mardi 29 septembre 2026
Bilan judiciaire
44 gardes à vue dont 38 mineurs, 30 déférées (parquet de Montpellier)
Prochaine mobilisation
Mardi 6 octobre 2026
Villes concernées dans la région
Montpellier, Béziers, Nîmes, Carcassonne, Perpignan

À retenir

  • Le parquet de Montpellier recense 44 gardes à vue depuis le début du mouvement, dont 38 mineurs.
  • Les dégâts dans les établissements touchés par des incendies dépasseraient le million d'euros selon la préfecture.
  • Plusieurs lycées montpelliérains restent fermés ou en cours à distance cette semaine.
  • Une nouvelle journée de mobilisation est prévue ce mardi 6 octobre, avec le soutien des syndicats enseignants.

Questions fréquentes

Pourquoi les lycéens sont-ils mobilisés ?
Ils dénoncent le manque de moyens humains et financiers, des classes surchargées, la pression de Parcoursup et l'état dégradé de certains bâtiments.
Que risquent les mineurs placés en garde à vue ?
Ils sont présentés devant le juge des enfants, qui peut prononcer une mesure alternative aux poursuites ou les renvoyer vers un tribunal ; leurs parents peuvent par ailleurs être tenus civilement responsables des dommages causés.

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