Tramway vers l'aéroport de Montpellier : la Métropole lance les études malgré les critiques écologistes

En bref
- Le conseil de Métropole a validé le lancement des études de prolongement de la ligne 3 du tramway jusqu'à l'aéroport Montpellier-Méditerranée.
- Coût estimé entre 70 et 80 millions d'euros, à partager entre l'État (propriétaire de 60 % de l'aéroport) et les collectivités.
- Environ deux kilomètres de voies nouvelles depuis Pérols, pour relier la gare Saint-Roch à l'aéroport en moins de 30 minutes.
- Le dossier s'accompagne d'une réflexion sur une répartition des rôles entre les aéroports de Montpellier, Nîmes et Béziers.
- La même séance a vu s'affronter les élus sur la transformation de l'usine Ametyst en unité de production de combustibles solides de récupération (CSR).
Mardi 13 octobre, le conseil de Montpellier Méditerranée Métropole a planché près de cinq heures sur 88 dossiers. Deux sujets ont concentré l'essentiel des échanges : le prolongement du tramway jusqu'à l'aéroport Montpellier-Méditerranée et l'avenir de l'usine Ametyst, à Montpellier. Les élus ont finalement adopté les deux délibérations, malgré des votes contre et des abstentions.
Un chantier à 70-80 millions d'euros vers l'aéroport
Les élus ont entériné le protocole d'intention signé le 14 septembre avec l'agglomération du Pays de l'Or et la commune de Mauguio-Carnon, sur le territoire de laquelle se trouve l'aéroport. Ce texte ouvre la voie au lancement des études pour étendre la ligne 3 du tramway depuis Pérols.
- Environ deux kilomètres de voies supplémentaires à construire.
- Une enveloppe prévisionnelle de 70 à 80 millions d'euros.
- Un financement présenté comme partagé entre l'État, qui détient 60 % de la plateforme aéroportuaire, et les différentes collectivités.
- L'ambition de relier la gare Saint-Roch à l'aéroport en moins de 30 minutes.
Ce projet doit s'inscrire dans le futur Service express régional métropolitain (Serm). Il répond aussi, selon la vice-présidente chargée des mobilités, à un enjeu quotidien : plus de 16 000 déplacements ont lieu chaque jour entre la Métropole et le Pays de l'Or.
Des élus divisés, le tramway à la mer écarté
Le choix de desservir en priorité l'aéroport plutôt que le littoral a suscité des remous, y compris dans la majorité municipale. Plusieurs conseillers ont regretté qu'un renforcement du réseau de bus n'ait pas été privilégié, pendant que des élus écologistes et de la gauche radicale ont dénoncé un mauvais signal climatique envoyé en faveur du trafic aérien.
Le président de la Métropole a rappelé qu'un prolongement du tramway vers le port, chiffré autour de 140 millions d'euros, avait été écarté car le Pays de l'Or avait lui-même privilégié la desserte de l'aéroport. Il a par ailleurs fermé la porte à tout élargissement futur du périmètre de la Métropole, tout en défendant la nécessité de maintenir l'aéroport en activité au regard des quelque 11 000 emplois présents sur cette zone.
Vers une redistribution des rôles entre Montpellier, Nîmes et Béziers
Derrière ce chantier d'infrastructure se dessine une réflexion plus large sur l'avenir des trois aéroports régionaux. La vice-présidente chargée des mobilités a présenté le raccordement au tramway comme une étape vers une meilleure répartition des missions entre les plateformes de Montpellier, Nîmes et Béziers.
« C'est la condition de la rationalisation et de l'optimisation des trois aéroports de notre territoire. »
L'idée avancée consisterait à orienter l'aéroport de Nîmes vers la sécurité civile et la lutte contre les incendies, un dossier que le président de la Métropole entend porter directement devant le ministre de l'Intérieur. Pour Béziers-Cap d'Agde, dont la vocation touristique est reconnue, l'exécutif montpelliérain évoque plutôt les effets attendus de la future ligne à grande vitesse vers Perpignan. Cette piste de spécialisation reste toutefois une orientation politique défendue par Montpellier, et non un accord conclu avec les autres collectivités concernées, alors que les prises de position de l'exécutif montpelliérain avaient déjà provoqué des réactions à Béziers.
L'usine Ametyst, autre point chaud de la soirée
L'autre débat majeur de la séance portait sur la transformation de l'usine Ametyst, à Montpellier, en unité de production de combustibles solides de récupération (CSR) à partir de déchets. La question de la qualité de l'air a largement nourri les échanges, certains élus redoutant un impact sur la pollution locale. Comme pour le tramway, la délibération a finalement été adoptée, malgré des oppositions.
Infos pratiques
- Ligne concernée
- Ligne 3 du tramway
- Tracé envisagé
- Depuis Pérols jusqu'à l'aéroport Montpellier-Méditerranée
- Distance
- Environ 2 km de voies nouvelles
- Coût estimé
- 70 à 80 millions d'euros
- Durée de trajet visée
- Moins de 30 minutes entre la gare Saint-Roch et l'aéroport
- Étape actuelle
- Lancement des études, intégrées au projet de Serm
À retenir
- Le protocole d'intention avec le Pays de l'Or et Mauguio-Carnon a été signé le 14 septembre.
- Des élus écologistes et de gauche ont critiqué la priorité donnée à l'aéroport plutôt qu'au bus ou au littoral.
- Le dossier s'accompagne d'une volonté de la Métropole de spécialiser l'aéroport de Nîmes dans la sécurité civile.
Questions fréquentes
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