Cures thermales : à Balaruc, Lamalou et Avène, l'inquiétude monte face au projet de déremboursement

La rédaction·
Cures thermales : à Balaruc, Lamalou et Avène, l'inquiétude monte face au projet de déremboursement

En bref

  • Le gouvernement veut transférer une large part du remboursement des cures thermales de l'Assurance maladie vers les mutuelles, pour environ 200 millions d'euros d'économies.
  • Trois stations thermales de l'Hérault sont concernées : Balaruc-les-Bains, Lamalou-les-Bains et Avène.
  • La décision intervient alors que la Haute Autorité de Santé évalue encore l'intérêt médical des cures.
  • Élus et professionnels redoutent une hausse du reste à charge pour des curistes souvent âgés ou modestes.
  • Une manifestation est annoncée ce samedi 17 octobre à l'appel du maire de Balaruc-les-Bains.

Alors que le gouvernement prépare son prochain budget de la Sécurité sociale, le secteur du thermalisme héraultais se retrouve de nouveau sous pression. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, souhaite transférer une large part de la prise en charge des cures thermales de l'Assurance maladie vers les mutuelles, dans le but de dégager environ 200 millions d'euros d'économies. Une annonce qui fait réagir élus locaux et professionnels du secteur, en particulier autour des trois stations thermales de l'Hérault : Balaruc-les-Bains, Lamalou-les-Bains et Avène.

Une décision jugée précipitée

Le débat sur le remboursement des cures revient presque chaque année lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale, rappellent plusieurs responsables du secteur. Une proposition similaire avait d'ailleurs déjà été écartée l'an dernier. Cette fois, le projet émane directement de la ministre, alors même que la Haute Autorité de Santé travaille encore à évaluer l'intérêt médical des cures - une étude commandée aux stations elles-mêmes, dont une première partie vient tout juste d'être transmise. Pour ses opposants, agir avant ces conclusions pose question.

Trois stations et tout un territoire concernés

À Balaruc-les-Bains, présentée comme la première station thermale de France, le maire Christophe Rioust redoute un effet en chaîne sur l'économie locale : emplois des thermes, hébergeurs, restaurateurs et commerçants pourraient être fragilisés si les curistes se détournaient faute de prise en charge suffisante. Même inquiétude à Lamalou-les-Bains et à Avène, dans les Hauts Cantons, où les élus évoquent des dizaines de millions d'euros de retombées économiques et de nombreux emplois menacés. Le directeur général des Thermes de Balaruc-les-Bains, Paul-François Houvion, résume ainsi la crainte du secteur :

"Le secteur ne va pas s'effondrer, il va mourir."

Un reste à charge alourdi pour des curistes souvent modestes

Au-delà de l'aspect budgétaire, c'est l'accès aux soins qui inquiète. En confiant une part croissante du remboursement aux complémentaires santé, rien ne garantit que celles-ci appliquent les mêmes conditions de prise en charge que la Sécurité sociale : selon plusieurs médias locaux, les mutuelles pourraient tout aussi bien augmenter leurs tarifs que refuser certaines prestations. Or les curistes sont souvent des personnes âgées ou aux revenus modestes, venues soigner des douleurs chroniques ou des pathologies neurologiques. Plusieurs élus redoutent ainsi l'apparition d'une médecine thermale à deux vitesses, réservée à ceux qui pourront payer la différence.

Le sénateur de l'Hérault Hussein Bourgi a lui aussi réagi vivement, estimant que ce choix porterait un coup sévère au secteur :

"Un coup fatal porté à la médecine thermale en France."

Il indique s'être rapproché des maires des trois communes thermales héraultaises pour faire voter des motions de soutien dans les conseils municipaux et intercommunaux, et avoir sollicité un rendez-vous avec la préfète de l'Hérault. Une motion a déjà été adoptée en ce sens par la communauté de communes Grand Orb.

Un appel à manifester ce samedi

La mobilisation devrait franchir une nouvelle étape ce samedi 17 octobre, le maire de Balaruc-les-Bains ayant appelé habitants et professionnels du secteur à manifester contre le projet. Pour l'heure, rien n'est définitivement arrêté côté gouvernemental, la ministre ayant elle-même rappelé que rien n'était figé. Mais à Balaruc comme à Lamalou-les-Bains et à Avène, la vigilance reste de mise tant que les arbitrages budgétaires ne seront pas tranchés.

Infos pratiques

Mobilisation
Manifestation annoncée samedi 17 octobre à Balaruc-les-Bains
Stations concernées
Balaruc-les-Bains, Lamalou-les-Bains, Avène
Enjeu budgétaire
Environ 200 millions d'euros d'économies recherchées
Cadre
Projet lié au budget de la Sécurité sociale pour 2027

À retenir

  • La mesure avait déjà été écartée l'an dernier lors du précédent budget de la Sécurité sociale.
  • La Haute Autorité de Santé n'a pas encore rendu ses conclusions sur l'utilité médicale des cures.
  • Les élus des trois stations thermales de l'Hérault se mobilisent conjointement, avec motions et rendez-vous auprès de la préfète.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui changerait concrètement pour les curistes ?
Le remboursement reposerait davantage sur les mutuelles plutôt que sur l'Assurance maladie, avec un risque de hausse du reste à charge ou de refus de prise en charge selon les contrats.
Pourquoi l'Hérault est-il particulièrement concerné ?
Le département compte trois stations thermales importantes, Balaruc-les-Bains, Lamalou-les-Bains et Avène, dont l'activité pèse fortement sur l'emploi et l'économie locale.

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