Pêche en Méditerranée : dix-huit maires du littoral, dont Sète, Marseillan et Palavas, interpellent l'État et l'Europe

La rédaction·
Pêche en Méditerranée : dix-huit maires du littoral, dont Sète, Marseillan et Palavas, interpellent l'État et l'Europe

En bref

  • Dix-huit maires du littoral méditerranéen ont cosigné dimanche une tribune commune pour défendre la pêche
  • Dans l'Hérault, les maires de Sète, Marseillan et Palavas-les-Flots ont signé le texte
  • Le texte précède de peu la visite de la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche à Sète et au Grau-du-Roi
  • Les élus dénoncent la hausse des charges, le prix du carburant et une répartition jugée défavorable des quotas de thon rouge
  • Ils demandent à l'État un dialogue avec la filière et à l'Europe des financements pour moderniser les bateaux

Dans l'Hérault comme sur tout le pourtour méditerranéen, les élus du littoral font front commun pour défendre leurs pêcheurs. Dimanche, dix-huit maires allant de Sète à Cannes, en passant par Marseillan, Palavas-les-Flots, Le Grau-du-Roi, Leucate, Toulon ou Nice, ont publié une tribune conjointe pour alerter sur la situation de la filière. Dans l'Hérault, ce sont Hervé Marquès (Sète), Yves Michel (Marseillan) et Christian Jeanjean (Palavas-les-Flots) qui ont apposé leur signature.

Le texte tombe à un moment stratégique : il précède d'un jour la venue de Catherine Chabaud, ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, attendue ce lundi à Sète puis au Grau-du-Roi. Il fait aussi suite à plusieurs jours de tension, marqués la semaine passée par une mobilisation des pêcheurs sétois et par le blocage du dépôt de carburant de Frontignan.

Une profession sous pression

Les signataires décrivent une activité de plus en plus fragilisée par l'empilement des contraintes et la flambée des charges. Ils rappellent que les professionnels ont déjà consenti de nombreux efforts ces dernières années :

  • réduction du nombre de bateaux et des jours de sortie en mer ;
  • fermeture de certaines zones de pêche ;
  • adoption d'engins plus sélectifs pour limiter les prises non désirées.

Pour les élus, la pêche n'est pas une activité économique comme une autre sur ce territoire : elle est ancrée dans l'histoire et l'identité des villes du littoral.

Le carburant et les quotas de thon rouge en ligne de mire

Deux sujets cristallisent particulièrement la colère. D'abord le coût du carburant, qui pèse lourd sur les chalutiers et alimente les mobilisations des dernières semaines, dont le blocage du site pétrolier de Frontignan. Ensuite, la répartition d'un volume complémentaire de 234 tonnes de thon rouge accordé pour 2026 : selon les maires signataires, les deux tiers auraient été attribués à la façade atlantique contre un tiers seulement pour la Méditerranée, une clé de répartition contestée par plusieurs organisations professionnelles du bassin.

Les élus pointent aussi une forme de contradiction : on demande aux pêcheurs de réduire leur empreinte environnementale sans leur donner, selon eux, les moyens financiers de moderniser leurs navires pour y parvenir.

Ce que réclament les maires

DestinataireDemande
État françaisOuvrir un dialogue avec les professionnels et les élus méditerranéens
Union européenneMobiliser davantage de financements pour moderniser les bateaux et améliorer leur efficacité énergétique
Union européenneFavoriser le renouvellement des générations de pêcheurs

Selon les élus signataires, l'objectif affiché est de protéger la mer sans condamner ceux qui en vivent.

Et maintenant ?

Tous les regards se tournent vers la visite ministérielle de ce lundi à Sète et au Grau-du-Roi, perçue comme une occasion de faire remonter ces revendications directement au gouvernement. Rien n'indique à ce stade quelles suites concrètes l'État entend donner à ces demandes.

Infos pratiques

Date de la tribune
Dimanche 20 septembre 2026
Signataires dans l'Hérault
Hervé Marquès (Sète), Yves Michel (Marseillan), Christian Jeanjean (Palavas-les-Flots)
Visite ministérielle
Lundi 21 septembre, à Sète puis au Grau-du-Roi
Nombre total de maires signataires
18, du littoral méditerranéen (de Sète à Cannes)

À retenir

  • Dix-huit maires du littoral méditerranéen, dont trois héraultais, unissent leurs voix pour défendre la pêche
  • La répartition des quotas de thon rouge, jugée favorable à l'Atlantique, est un point de friction majeur
  • La hausse du carburant reste au cœur de la colère des pêcheurs, après le blocage du dépôt de Frontignan

Questions fréquentes

Pourquoi cette tribune est-elle publiée maintenant ?
Elle est rendue publique la veille de la venue à Sète et au Grau-du-Roi de la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, et après plusieurs jours de mobilisation des pêcheurs dans l'Hérault.
Quelles sont les principales revendications des maires ?
Un dialogue de l'État avec les professionnels et les élus méditerranéens, et davantage de financements européens pour moderniser les bateaux et faciliter le renouvellement des générations de pêcheurs.

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