Plusieurs milliers de manifestants à Montpellier contre la loi "permis de tuer"

La rédaction·
Plusieurs milliers de manifestants à Montpellier contre la loi "permis de tuer"

En bref

  • Entre 3 000 (selon plusieurs médias locaux) et 4 000 manifestants dans les rues de Montpellier ce dimanche 20 septembre
  • Mobilisation nationale organisée dans une centaine de villes le même jour
  • Cible : la proposition de loi du député LR Éric Pauget sur la présomption d'usage légitime de leur arme par les forces de l'ordre
  • Texte adopté à l'Assemblée le 7 juillet (313 voix contre 199), examen prévu au Sénat en octobre
  • Une pétition de 730 000 signatures n'a pas obtenu de débat à l'Assemblée

Une marée de manifestants a traversé le centre de Montpellier ce dimanche 20 septembre. Selon les estimations rapportées par plusieurs médias locaux, ils étaient entre 3 000 et 4 000 à battre le pavé sous la bannière "Non au permis de tuer", dans le cadre d'une journée de mobilisation organisée le même jour dans une centaine de villes françaises.

Le cortège répondait à un appel national porté par le collectif Stop aux violences d'État, rejoint par une multitude d'organisations : Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, ainsi que des partis comme le Parti socialiste, La France insoumise ou Les Écologistes.

Une proposition de loi qui inverse la charge de la preuve

Au cœur de la contestation : le texte porté par le député LR Éric Pauget, voté en première lecture à l'Assemblée nationale le 7 juillet dernier par 313 voix contre 199, avec l'appui de l'exécutif. Il instaure une présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes faisant usage de leur arme : leur intervention serait désormais considérée conforme à la loi par défaut, à charge pour les victimes ou leurs proches d'apporter la preuve du contraire si elle a été jugée irrégulière.

Dans les rangs montpelliérains, plusieurs manifestants ont dit craindre un déséquilibre profond entre les forces de l'ordre et les citoyens, notamment pour les familles confrontées à des violences policières. Le texte doit désormais passer devant le Sénat en octobre.

  • Une pétition en ligne réunissant 730 000 signatures contre le texte n'a pas suffi à obtenir un débat à l'Assemblée nationale
  • Des figures locales de gauche, dont une élue d'opposition au conseil municipal, ont pris la parole dans le cortège
  • Les organisateurs ont aussi établi un lien avec les mobilisations sociales des dernières années, redoutant un texte qui pourrait davantage encadrer le droit de manifester

Des craintes pour les quartiers populaires et les libertés publiques

Plusieurs prises de parole ont mis en avant le risque, selon les manifestants, de voir ce texte peser en priorité sur les habitants des quartiers populaires. D'autres intervenants ont établi un parallèle avec la loi de 2017 sur l'usage des armes, qui avait élargi les cas de tir en situation de refus d'obtempérer, rappelant que ce texte avait déjà, à l'époque, suscité une vive polémique.

À un peu moins d'un an de l'élection présidentielle, les organisateurs ont insisté sur l'enjeu qu'ils attachent à ce dossier, qu'ils jugent révélateur d'un climat politique plus large autour des libertés publiques.

Infos pratiques

Date de la manifestation
Dimanche 20 septembre 2026
Lieu
Centre-ville de Montpellier
Prochaine étape du texte
Examen au Sénat en octobre 2026

À retenir

  • Une mobilisation d'ampleur nationale, avec un cortège montpelliérain estimé entre 3 000 et 4 000 personnes
  • La contestation vise la présomption de légitime défense accordée aux policiers et gendarmes en cas de tir
  • Le texte, déjà voté par les députés, doit encore passer devant le Sénat en octobre

Questions fréquentes

Que prévoit exactement la loi contestée ?
Elle instaure une présomption simple selon laquelle un policier ou gendarme ayant fait usage de son arme est réputé avoir agi légalement, déplaçant la charge de la preuve vers les victimes ou leurs proches.
Le texte est-il déjà applicable ?
Non, il a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 7 juillet et doit encore être examiné par le Sénat en octobre.

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