Lycées et université bloqués à Montpellier : la mobilisation continue, l'intervention policière contestée

La rédaction·
Lycées et université bloqués à Montpellier : la mobilisation continue, l'intervention policière contestée

En bref

  • Depuis le 29 septembre, lycéens et étudiants se mobilisent à Montpellier pour plus de moyens et contre certaines réformes
  • Au lycée Jean Monnet (Malbosc), l'intervention des forces de l'ordre pour lever le blocus est jugée disproportionnée par des témoins, ce que la police dément
  • Deux mineurs de 15 ans interpellés le 29 septembre à Jules Guesde ont été relâchés l'après-midi même
  • Le 1er octobre, le syndicat étudiant SCUM bloque le campus Paul-Valéry, pendant que Mermoz et Guesde sont de nouveau bloqués
  • La circulation du tramway est perturbée avenue de Lodève, où des lycéens occupent les voies

Depuis la fin septembre, le climat est tendu dans plusieurs établissements scolaires et universitaires de Montpellier. Lycéens et étudiants multiplient les actions pour dénoncer le manque de moyens dans l'Éducation nationale et certaines réformes, dans la continuité d'un mouvement national de défense des services publics.

Un blocage qui tourne à l'affrontement au lycée Monnet

Mardi 29 septembre, dès 6h30, une cinquantaine de lycéens installent pancartes et poubelles devant les deux entrées du lycée Jean Monnet, dans le quartier Malbosc. D'autres établissements vivent la même situation ce jour-là : Jules Guesde, Joffre et Jean Mermoz.

Vers 7h30, des équipes de police nationale se présentent pour rouvrir les accès. Selon un témoin présent sur place, les agents seraient descendus de leurs véhicules et auraient chargé directement, sans chercher à dialoguer ni à demander aux jeunes de s'écarter. Plusieurs lycéens auraient été bousculés, certains plaqués au sol ou tirés en arrière par leur sac à dos. Des images filmées au téléphone circulent ensuite, certains manifestants parlant de violences policières.

Vers 8h, une unité spécialisée d'une dizaine d'hommes intervient à son tour pour déloger des lycéens assis sur le passage piéton devant l'établissement, avec des jets de gaz lacrymogène décrits comme très proches des visages. Une vidéo diffusée par la députée LFI de l'Hérault Nathalie Oziol montrerait par ailleurs un jeune traîné au sol par un policier qui le tenait par son sac. Le secteur est totalement dégagé vers 8h30, la police municipale prenant alors le relais pour éviter un nouveau blocage.

La police nationale de l'Hérault conteste de son côté toute violence. Elle explique avoir dû intervenir face à l'accumulation de mobilier urbain devant plusieurs lycées, rappelant qu'un tel amas avait provoqué un incendie ayant détruit la loge du gardien au lycée Mermoz. Selon elle, les fonctionnaires engagés portaient bien leur numéro d'identification, vérifications faites.

Ce même mardi matin, deux adolescents de 15 ans ont été interpellés au lycée Jules Guesde, l'un pour un tag, l'autre pour avoir jeté un projectile vers les forces de l'ordre. Les deux ont été remis en liberté dans l'après-midi. Des lycéens présents sur place ont également dénoncé un usage de la force jugé excessif, évoquant notamment une clé d'étranglement subie par une lycéenne.

Nouveaux blocages le 1er octobre : université et lycées de nouveau concernés

La mobilisation n'est pas retombée. Ce jeudi 1er octobre, le syndicat étudiant SCUM bloque entièrement le campus principal de l'université Paul-Valéry, entassant poubelles et mobilier devant les accès. Ses revendications : l'inscription des étudiants recalés en licence ou en master, le soutien aux lycéens mobilisés, le retrait de la réforme qui multiplierait par 16 les frais d'inscription des étudiants étrangers, et un meilleur niveau de vie pour tous. Le syndicat annonce vouloir maintenir la pression jusqu'au retour des Gilets jaunes, prévu le 17 octobre.

Au même moment, les lycées Jean Mermoz et Jules Guesde sont de nouveau bloqués. Sur l'avenue de Lodève, des lycéens occupent les voies du tramway, perturbant fortement le trafic. Devant Mermoz, des poubelles sont incendiées, avec à l'intérieur des aérosols provoquant des déflagrations, nécessitant la mobilisation des sapeurs-pompiers du SDIS 34 et de la police nationale. Les lycéens réclament le remplacement des professeurs absents, davantage de moyens et la rénovation de leurs établissements.

La préfète de l'Hérault a confirmé l'engagement des forces de l'ordre pour faire lever ces blocus à Paul-Valéry, Guesde et Mermoz. Elle a reconnu un phénomène « inquiétant » qui prendrait de l'ampleur sur le territoire, tout en demandant aux forces de sécurité d'agir avec prudence compte tenu de la présence de nombreux mineurs.

Ce que cela change pour les Montpelliérains

  • Trafic tramway perturbé avenue de Lodève tant que durent les rassemblements
  • Plusieurs lycées (Monnet, Guesde, Mermoz, Joffre) et le campus Paul-Valéry concernés par des blocages ponctuels
  • Le mouvement étudiant annonce une poursuite de la mobilisation au moins jusqu'au 17 octobre

Infos pratiques

Dates
29 septembre et 1er octobre 2026
Établissements concernés
Lycées Jean Monnet (Malbosc), Jules Guesde, Jean Mermoz, Joffre et campus Paul-Valéry
Impact circulation
Voies de tramway occupées avenue de Lodève

À retenir

  • Le mouvement de défense des services publics « Bloquons tout » a touché plusieurs lycées montpelliérains dès le 29 septembre
  • Des lycéens dénoncent une intervention policière disproportionnée à Monnet, ce que la police nationale dément formellement
  • Deux mineurs interpellés à Guesde le 29 septembre ont été relâchés le jour même
  • Le 1er octobre, le syndicat étudiant SCUM a bloqué le campus Paul-Valéry, rejoint par de nouveaux blocages à Mermoz et Guesde
  • La préfète de l'Hérault reconnaît une situation qui prend de l'ampleur sur le territoire

Questions fréquentes

Pourquoi les lycées montpelliérains sont-ils bloqués ?
Les lycéens réclament notamment le remplacement des professeurs absents, davantage de moyens et de meilleures conditions d'apprentissage, dans le cadre d'un mouvement national de défense des services publics.
Que s'est-il passé au lycée Monnet le 29 septembre ?
Des policiers sont intervenus pour lever le blocus ; plusieurs témoins affirment que des lycéens ont été bousculés et gazés de près, ce que la police nationale de l'Hérault dément.
La mobilisation va-t-elle continuer ?
Le syndicat étudiant à l'origine du blocage de Paul-Valéry a annoncé vouloir maintenir la pression au moins jusqu'au 17 octobre.

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