Le Montpelliérain Othman Garrido condamné à 30 ans de réclusion pour des meurtres commis en Syrie

La rédaction·
Le Montpelliérain Othman Garrido condamné à 30 ans de réclusion pour des meurtres commis en Syrie

En bref

  • Othman Garrido, 32 ans, originaire de Montpellier, condamné à 30 ans de réclusion criminelle
  • Peine de sûreté fixée aux deux tiers de la condamnation
  • Reconnu coupable de meurtres en bande organisée et d'association de malfaiteurs terroriste
  • Acquitté d'un chef d'assassinat distinct, faute d'identification formelle sur une photo
  • Le parquet réclamait la perpétuité avec 22 ans de sûreté

La cour d'assises spéciale de Paris a rendu son verdict mardi soir dans le procès d'Othman Garrido, un enfant de Montpellier devenu combattant de l'État islamique. À 32 ans, l'accusé écope de 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté fixée aux deux tiers de la peine.

Une double exécution en Syrie au cœur du dossier

Les juges ont retenu contre lui les meurtres en bande organisée commis lors de la mise à mort publique de deux ressortissants iraniens, en septembre 2015 dans la localité syrienne d'al-Qaryatayn, ainsi que sa participation à une association de malfaiteurs à visée terroriste. Des clichés retrouvés sur un téléphone appartenant à son épouse, récupéré par les forces américaines après la chute du groupe jihadiste en 2019, le montrent à bord du véhicule transportant les deux hommes condamnés à mort, puis posant aux côtés des deux exécuteurs, Oumar Diaw et Yacine Rettoun — deux jihadistes français aujourd'hui décédés —, tous souriant devant les corps sans vie.

Ces images ont été jugées suffisamment probantes par la cour pour établir sa présence et son rôle actif ce jour-là.

Un acquittement pour l'autre accusation

Othman Garrido échappe en revanche à la réclusion à perpétuité que réclamait l'avocat général, qui avait demandé une peine assortie de 22 ans de sûreté. La cour l'a acquitté du chef d'assassinat visant une autre victime, dont l'identification reposait sur une unique photographie de mauvaise qualité, ni datée ni géolocalisée, représentant un homme au visage partiellement masqué près d'un corps décapité. Faute de certitude scientifique sur l'identité de cet homme, les magistrats ont refusé de retenir ce fait à son encontre.

"La cour a tenu compte de son parcours en détention et l'a logiquement acquitté du chef d'assassinat", a réagi l'avocat de l'accusé, Me Antoine Ory, auprès de l'AFP.

Le récit d'une radicalisation familiale

Ouvert le 14 septembre, le procès a permis de retracer la trajectoire de ce Montpelliérain parti combattre en Syrie dès 2012, à peine sorti de l'adolescence, au sein d'une fratrie et d'une famille entièrement acquises à l'idéologie jihadiste sous l'autorité d'un père converti. Othman Garrido s'est lui-même décrit à la barre comme "né radicalisé".

L'accusation a dépeint un foyer coupé du monde extérieur :

"C'est une famille de combat islamiste. C'est une famille où les enfants ne dessinent pas les visages, où on achète une télé pour la caillasser."

Cette affaire s'inscrit dans le vaste dossier des quelque 1 500 Français partis grossir les rangs de l'État islamique au cours des années 2010 — une trajectoire d'autant plus scrutée par la justice qu'elle interroge la frontière entre embrigadement familial et choix personnel.

Infos pratiques

Juridiction
Cour d'assises spéciale de Paris
Ouverture du procès
14 septembre
Verdict
22 septembre
Peine prononcée
30 ans de réclusion criminelle, sûreté aux deux tiers
Réquisitions du parquet
Perpétuité, sûreté de 22 ans

À retenir

  • Othman Garrido est reconnu coupable de meurtres en bande organisée pour la double exécution d'al-Qaryatayn en 2015
  • Il est acquitté d'un second chef d'assassinat, l'identification sur photo n'ayant pas été jugée assez fiable
  • La cour s'est montrée plus clémente que le parquet en écartant la perpétuité

Questions fréquentes

Pourquoi Othman Garrido n'a-t-il pas été condamné à perpétuité ?
La cour a tenu compte de son parcours en détention pour ne pas suivre les réquisitions du parquet, qui demandait la perpétuité avec 22 ans de sûreté.
Sur quoi reposait l'accusation d'assassinat dont il a été acquitté ?
Sur une photo de mauvaise qualité, non datée et non géolocalisée, montrant un homme masqué près d'un corps décapité, sans identification formelle possible.

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