Ametyst : le conseil municipal de Montpellier donne un avis favorable au projet de CSR, malgré la contestation

La rédaction·
Ametyst : le conseil municipal de Montpellier donne un avis favorable au projet de CSR, malgré la contestation

En bref

  • Avis favorable du conseil municipal au projet de transformation d'Ametyst, à Garosud, le 6 octobre
  • Le site traite aujourd'hui environ 110 000 tonnes de déchets résiduels par an, auxquelles s'ajoutent 31 500 tonnes gérées par le centre de tri Demeter
  • Environ la moitié de ces déchets ressort actuellement sans être valorisée
  • Une consultation publique est prévue du 12 octobre au 12 janvier, après ce vote
  • Mise en service des nouveaux équipements envisagée autour de 2030

Le dossier du centre de traitement des déchets Ametyst, déjà au cœur de la dernière campagne municipale, continue d'opposer frontalement la majorité et ses oppositions. Mardi 6 octobre, le conseil municipal de Montpellier devait rendre un avis sur la demande d'autorisation environnementale et de permis de construire visant à transformer le site, implanté à Garosud, afin d'y créer une filière de préparation et de valorisation de combustibles solides de récupération (CSR). Sollicitée par la préfète de l'Hérault, l'assemblée a tranché en faveur du projet, mais sans unanimité.

Un site saturé, une échéance réglementaire qui presse

Selon le dossier présenté aux élus, le site traite aujourd'hui environ 110 000 tonnes de déchets résiduels collectés chaque année sur le territoire métropolitain, auxquelles s'ajoutent près de 31 500 tonnes d'emballages ménagers pris en charge par le centre de tri Demeter. Problème : près de la moitié de ce volume ressort du site sous forme de "refus", c'est-à-dire sans être valorisée.

La pression réglementaire s'ajoute à ce constat. À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle règle interdira l'épandage au sol du compost issu du traitement des ordures ménagères résiduelles, un débouché qui concerne actuellement environ 30 000 tonnes annuelles. Sans transformation du site, la collectivité avance qu'un taux de refus de 80 % pourrait être atteint dès l'an prochain.

  • Capacité maximale de la future unité CSR : 42 525 tonnes par an
  • Objectifs annoncés : refus divisé par trois, recyclage multiplié par trois, production d'énergie en forte hausse
  • Mise en service visée autour de 2030
  • L'énergie produite alimenterait aussi le réseau de chaleur urbain

En parallèle, la Métropole prévoit de moderniser le tri, de mieux valoriser les biodéchets et de créer une unité dédiée aux encombrants.

Une majorité qui défend une solution locale

Pour la majorité municipale, ce projet répond à une impasse héritée de la fermeture totale, en 2019, de la décharge de Castries : la Métropole exporterait depuis ses déchets résiduels vers des territoires voisins, par environ 4 900 camions chaque année, à destination de l'incinérateur de Sète ou de sites d'enfouissement hors métropole. La collectivité y voit une dépendance coûteuse, susceptible de peser durablement sur la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (Teom), et met en avant une solution recommandée par l'Ademe, assortie d'une promesse de baisse de 10 % de cette taxe grâce aux économies attendues.

L'opposition dénonce la méthode et l'ampleur de l'engagement

Plusieurs élus d'opposition ont concentré leurs critiques sur le calendrier : le vote est intervenu avant même l'ouverture de la consultation publique, programmée du 12 octobre au 12 janvier. Ils estiment que l'avis du conseil aurait dû attendre que les habitants se soient exprimés, et réclament un moratoire ainsi qu'une démarche de concertation plus large sur la gestion des déchets. Des élus ont également porté le dossier devant la Commission nationale du débat public, sans succès à ce stade.

Au-delà du calendrier, l'opposition questionne l'ampleur de l'engagement : un outil industriel conçu pour fonctionner plusieurs décennies pourrait, selon elle, entrer en contradiction avec les objectifs de réduction des déchets à la source, et nécessiter d'être alimenté en volume dans la durée pour rester viable. Les riverains des quartiers proches du site s'inquiéteraient par ailleurs des conséquences sanitaires d'une telle installation.

Et maintenant ?

Le vote du conseil municipal ne clôt pas la procédure : c'est la consultation publique, qui démarre le 12 octobre, qui doit désormais permettre aux habitants de se prononcer sur un dossier amené à peser sur la gestion des déchets de toute la métropole montpelliéraine pour les décennies à venir.

Infos pratiques

Lieu
Site Ametyst, quartier Garosud, Montpellier
Vote du conseil municipal
Mardi 6 octobre
Consultation publique
Du 12 octobre au 12 janvier
Mise en service envisagée
Autour de 2030

À retenir

  • Le conseil municipal a donné un avis favorable avant même l'ouverture de la consultation publique
  • Le projet doit réduire fortement la part des déchets non valorisés, sous la pression d'une nouvelle règle applicable dès 2027
  • L'opposition conteste à la fois la méthode et la pertinence à long terme d'un outil industriel engagé pour plusieurs décennies

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une filière CSR ?
Un dispositif qui trie davantage les déchets avant de transformer la fraction résiduelle non recyclable en combustible solide de récupération, brûlé ensuite dans une chaufferie pour produire de l'énergie.
Les habitants peuvent-ils encore s'exprimer ?
Oui, une consultation publique est prévue du 12 octobre au 12 janvier, après ce premier avis du conseil municipal.

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