SIDA : Une molécule d’un laboratoire montpelliérain réduirait la charge virale même après l'arrêt de la trithérapie
Article d’archive, publié le 16 avril 2015. Les informations pratiques qu’il contient datent de cette époque.
L’équipe de Jamal Tazi de l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier dévoile le mécanisme d’action révolutionnaire de la molécule ABX464, premier candidat médicament pour les patients atteints du VIH dont l’effet persiste même après l’arrêt du traitement. Ces travaux viennent d’être publiés dans la revue Retrovirology.
À
l’heure actuelle, les différents traitements visant à réduire la
charge virale chez les patients infectés par le VIH font intervenir
des molécules destinées à inhiber soit l’activité enzymatique
de la transcriptase inverse virale, soit la protéase impliquée dans
la maturation des protéines du virus, soit l’intégrase pour
bloquer l’intégration du génome virale dans le génome des
cellules infectées ou soit l’entrée des virus dans la cellule. Le
plus souvent ces traitements sont donnés aux patients sous la forme
d’une combinaison de trois molécules afin de réduire la charge
virale. Cette trithérapie rétrovirale (ART) bien qu’efficace,
nécessite une administration quotidienne, favorise l’émergence
des résistances et l’arrêt du traitement résulte inévitablement
en un rebond viral, imposant en général un traitement à vie des
patients.
Combinant
des études in vitro sur des cellules humaines et in vivo sur des
modèles animaux de référence, cette équipe a démontré qu'ABX464
induit une baisse significative de la charge virale persistant
pendant plusieurs semaines après l'arrêt du traitement. Au
contraire, chez les lots "témoins" recevant une
trithérapie couramment utilisée en clinique, la charge virale a
immédiatement rebondi après l'arrêt du traitement. Un tel effet
persistant sur la charge virale n'a jamais été observé chez
l'homme avec les médicaments disponibles actuellement. De plus,
aucun mutant du VIH pouvant résister à l’action de cette molécule
n’a pu être identifié.
ABX464, fruit d’unecollaboration public-privé
Cette découverte,
protégée par un brevet, issue de la plateforme technologique de la
société ABIVAXen partenariat avec le CNRS et
l’Université de Montpellier repose sur une connaissance
approfondie des processus de transformation de l'ARN viral à
l'intérieur des cellules humaines hôtes et de la capacité des
composés chimiques, conçues par ABIVAX et ses partenaires
académiques (CNRS, Université de Montpellier et l’Institut
Curie), à interférer avec la biogénèse des ARN viraux. La
molécule ABX464 interfère ainsi dans les activités de la protéine
virale Rev, acteur essentiel de la biogénèse de l'ARN viral. La
protéine Rev intervient après que l’ADN viral s'intègre au
génome de la cellule infectée, pour être ensuite retranscrite en
plusieurs ARN messagers codant pour les protéines du virus, et
créant ainsi de nouvelles particules virales. ABX464 bloque
précisément la synthèse de ces nouveaux ARN viraux sans aucun
effet identifié sur les ARN cellulaires. ABX464 agit donc sur les
cellules
productrices
et pas seulement en
périphérie,
comme
les
trithérapies
actuelles.
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