Sète Agglopôle vote une motion de soutien aux pêcheurs de Méditerranée

En bref
- Motion votée à l'unanimité jeudi 17 septembre en ouverture du conseil communautaire, à Villeveyrac
- Le texte dénonce la flambée du carburant, le durcissement des règles et les effets du dérèglement climatique sur les espèces
- Le plan européen Westmed et les restrictions sur l'anguille sont pointés comme pénalisant chalutiers et petits métiers
- L'agglo réclame un réexamen du partage du quota de thon rouge, jugé défavorable à la Méditerranée
- Le vote a été précédé d'échanges tendus entre la majorité, l'opposition RN et les écologistes
Le conseil communautaire de Sète Agglopôle Méditerranée, réuni jeudi 17 septembre au soir à Villeveyrac, a ouvert sa séance par l'adoption à l'unanimité d'une motion en soutien aux pêcheurs professionnels du territoire. Le texte, porté par le président Loïc Linares, entend appuyer une profession confrontée depuis plusieurs années à une mutation profonde de son activité.
Des difficultés multiples pointées du doigt
La motion énumère les facteurs de fragilisation du secteur :
- l'envolée des coûts d'exploitation, carburant en tête
- le renforcement continu des contraintes réglementaires
- les bouleversements du milieu marin liés au changement climatique, qui modifient la présence des espèces
- les répercussions du plan de gestion européen Westmed, qui réduit fortement l'activité des chalutiers
- les restrictions sur la pêche de l'anguille, qui fragilisent les petits métiers traditionnels
Le texte rappelle toutefois que les pêcheurs de Sète et du bassin de Thau se sont investis depuis longtemps dans des plans de gestion, citant en exemple le redressement du stock de thon rouge obtenu grâce aux efforts déjà consentis par la profession.
Le partage du quota de thon rouge, point de crispation
Autre sujet au cœur du débat : la répartition d'un reliquat de quota de thon rouge non consommé en 2025, soit 234 tonnes. Un arrêté ministériel prévoit d'en attribuer 66 % à la façade atlantique contre seulement 33 % à la Méditerranée, alors que cette dernière assume près de 89 % du quota national de l'espèce. Une clé de répartition que les professionnels méditerranéens contestent vivement.
Par cette motion, l'agglomération demande au gouvernement d'engager sans tarder un dialogue concret avec les représentants du secteur - une rencontre qui a eu lieu dès jeudi selon plusieurs médias locaux - ainsi qu'un réexamen de ce partage jugé déséquilibré. Elle réclame également une visibilité pluriannuelle sur les règles encadrant l'activité, afin que les patrons pêcheurs puissent investir et transmettre leur entreprise. L'agglo en appelle enfin aux parlementaires, à la Région Occitanie et au Département de l'Hérault pour que l'ensemble des collectivités portent ensemble les revendications de la filière.
Unanimité affichée, tensions politiques en coulisses
Si le vote a été acquis sans opposition, sa présentation a donné lieu à des échanges vifs. Johana Maurel, élue du groupe RN-divers droite, a justifié son soutien par la gravité de la situation tout en reprochant à la majorité un manque de cohérence, rappelant que plusieurs décisions défavorables aux pêcheurs remontent à des choix européens et nationaux pris entre 2015 et 2018. Loïc Linares a préféré ne pas s'engager sur ce terrain polémique, réaffirmant son soutien constant à la profession.
L'élu écologiste Silvain Pastor a, de son côté, interrogé les conséquences environnementales d'un rééquilibrage des quotas en faveur de la Méditerranée. Le président de l'agglomération a répondu que la ressource halieutique n'était pas remise en cause par cette évolution, celle-ci étant déjà anticipée.
Ce vote intervient alors que la colère des pêcheurs s'est manifestée concrètement ces derniers jours, avec un blocage de l'accès à un dépôt pétrolier à Frontignan mercredi et jeudi.
Infos pratiques
- Date du vote
- Jeudi 17 septembre 2026, au soir
- Lieu
- Conseil communautaire de Sète Agglopôle Méditerranée, à Villeveyrac
- Résultat
- Motion adoptée à l'unanimité
À retenir
- La motion vise à soutenir une filière pêche fragilisée par les coûts, la réglementation européenne et le climat
- Le principal point de friction porte sur la répartition du quota de thon rouge entre façades atlantique et méditerranéenne
- Le vote unanime n'a pas empêché des désaccords politiques sur les responsabilités passées
Questions fréquentes
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