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Sécheresse dans l'Hérault : une cellule de crise pour épauler les agriculteurs

La rédaction·
Sécheresse dans l'Hérault : une cellule de crise pour épauler les agriculteurs

En bref

  • Cellule départementale installée le 4 août à la demande du ministère de l'Agriculture
  • Juillet a dépassé les normales de 4,2°C, effaçant le record de chaleur de 2006
  • Élevages, vignes non irriguées, maraîchage et arboriculture touchés dans tout le département
  • Dégrèvement de taxe foncière, médiation bancaire et aide au transport d'eau à l'étude
  • Prochaine réunion le 18 août, avec un volet sur les solutions durables d'accès à l'eau en septembre

L'épisode de sécheresse qui frappe l'Hérault cet été a franchi un nouveau seuil d'alerte. À la demande de la ministre de l'Agriculture, la préfète Chantal Mauchet a réuni le mardi 4 août l'ensemble des acteurs du monde agricole pour évaluer l'ampleur des dégâts et enclencher les premiers soutiens financiers.

Autour de la table : les services de l'État, le Conseil départemental, la Chambre d'agriculture, la Mutualité sociale agricole, la Banque de France et les organisations professionnelles. Cette instance avait été annoncée quelques jours plus tôt lors d'un déplacement de la préfète auprès des éleveurs de La Salvetat-sur-Agout, dans le Haut-Languedoc, où certains ont dû rentrer leurs bêtes bien plus tôt que d'habitude, plusieurs mois avant l'échéance saisonnière habituelle.

Un été hors normes

Les relevés sont sans appel : le mois de juillet a affiché une température moyenne supérieure de 4,2°C aux normales saisonnières dans le département, dépassant le précédent record établi en 2006. Le territoire a déjà connu 15 journées à 35°C ou plus, contre deux habituellement à cette période. L'humidité des sols atteint des niveaux comparables à ceux de la sécheresse historique de 2006, et les récentes pluies d'orage n'ont apporté qu'un soulagement très localisé, essentiellement entre Pézenas et Prades-le-Lez.

Autour de Montpellier, le bassin versant du Lez et de la Mosson reste sous vigilance stricte, sans que la recharge hivernale ne parvienne à compenser ce déficit prolongé.

Aucune filière épargnée

Le constat dressé par la cellule est large : pertes de production et déficit fourrager touchent l'ensemble des productions agricoles du département. La situation est jugée particulièrement critique pour :

  • les élevages, notamment dans le Haut-Languedoc, où prairies et céréales fourragères ne repoussent plus normalement
  • les vignes non irriguées et les jeunes plantations (plantiers)
  • le maraîchage et l'arboriculture

La Chambre d'agriculture a mis en ligne un questionnaire destiné à recenser précisément les pertes de rendement, les difficultés financières des exploitants et les besoins en fourrage. Une attention particulière est portée aux exploitations les plus fragiles et aux jeunes agriculteurs récemment installés. L'abreuvement du bétail et l'approvisionnement en fourrage sont désignés comme priorités immédiates, tandis que l'État et le Département organisent une remontée rapide des besoins en transport d'eau vers les secteurs les plus en tension.

Les premiers soutiens activés

Plusieurs dispositifs sont déjà mobilisés ou à l'étude :

  • accélération d'un dégrèvement collectif de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, calculé selon les pertes recensées
  • examen au cas par cas de la reconnaissance de force majeure pour les accidents de culture
  • indemnisation des pertes de fonds et adaptation de certaines obligations agricoles
  • renforcement de l'accompagnement social par la MSA
  • service gratuit de médiation du crédit proposé par la Banque de France pour renégocier les échéances bancaires

Les autorités précisent par ailleurs que les restrictions d'usage de l'eau en vigueur ne s'appliquent pas à l'abreuvement des animaux. Les exploitants peuvent consulter l'outil Restreau 34 pour connaître les règles applicables selon leur secteur.

Et après ?

La cellule de crise se réunira désormais toutes les deux semaines, avec un prochain point fixé au 18 août. Au-delà de l'urgence, une réflexion sur des solutions durables est annoncée pour septembre : remise en service de retenues existantes, retenues collinaires, forages ou mobilisation d'eaux brutes pour certains usages agricoles. Les financements du Plan agriculture méditerranéenne et les mesures compensatoires liées au futur projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan seront également étudiés dans ce cadre.

Infos pratiques

Date de la première réunion
4 août
Prochaine réunion
18 août
Réflexion sur les solutions durables
Septembre
Outil de suivi des restrictions
Restreau 34

À retenir

  • Juillet a battu le record de chaleur de 2006 dans l'Hérault, avec +4,2°C par rapport aux normales
  • Toutes les filières agricoles sont touchées, élevage et vignes non irriguées en tête
  • Dégrèvement fiscal, médiation bancaire et aide au transport d'eau sont mobilisés dans l'urgence
  • Une réflexion sur des solutions durables d'accès à l'eau est prévue en septembre

Questions fréquentes

Les restrictions d'eau touchent-elles l'abreuvement des animaux ?
Non, les autorités précisent que les restrictions d'usage en vigueur ne s'appliquent pas à l'abreuvement du bétail.
Comment un agriculteur peut-il signaler ses pertes ?
La Chambre d'agriculture de l'Hérault a mis en ligne un questionnaire pour recenser les pertes de rendement, les difficultés financières et les besoins en fourrage.

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