Sylvain Morel, l'homme qui transforme Montpellier en terrain d'aventure avec Exod

Il y a des gens qui regardent leur smartphone en marchant, tête baissée. Sylvain Morel, lui, veut faire exactement l'inverse : que l'écran nous pousse à lever les yeux. Ce Montpelliérain d'adoption est le COO d'Exod, un studio de jeu vidéo local qui « transforme le monde réel en un immense terrain d'aventure ». Une belle promesse, et une vraie conviction.
Le smartphone comme guide, pas comme distraction
Le principe d'Exod tient en une bascule audacieuse. Fini le smartphone-tyran qui capte l'attention : ici, il devient un compagnon d'exploration. « Les joueurs explorent des lieux réels, résolvent des énigmes, découvrent des anecdotes historiques, des spécialités locales et des points de vue méconnus », explique Sylvain. L'écran « pousse à marcher, lever les yeux, observer, goûter et comprendre ce qui nous entoure ». L'ambition ? « Faire en sorte qu'après une partie, on ne regarde plus jamais une ville de la même manière. »
Derrière cette expérience se cache un travail éditorial colossal. Adossé à GC Tech et à son média Génération Voyage, Exod puise dans plus de treize années de documentation du patrimoine mondial. Chaque étape est scénarisée, enrichie d'énigmes, glissée dans une histoire immersive. Le joueur ne suit pas un guide touristique : il vit une mission dont la ville est le décor.
« Nous ne racontons pas une ville, nous la faisons vivre. »
Une idée née d'une frustration
Exod est né d'un constat un peu amer. Les guides donnent envie de partir, mais une fois sur place, beaucoup de visiteurs se contentent des incontournables avant de repartir. « Pourtant, les plus beaux souvenirs naissent souvent d'une anecdote inattendue, d'une rencontre, d'une spécialité locale ou d'un endroit que l'on n'aurait jamais trouvé seul », observe Sylvain. La réponse n'était pas un guide plus complet, mais une expérience plus vivante. Le jeu vidéo s'est imposé naturellement, avec cette philosophie qui résume tout : « Il ne remplace pas le monde réel, il donne envie d'aller le vivre. »
Le parcours de Sylvain colle parfaitement à cette aventure. Après une dizaine d'années dans l'industrie, il a cofondé Sportihome, plateforme dédiée au tourisme sportif développée pendant près de neuf ans avant sa cession en 2025. Quelques semaines plus tard, Éric, cofondateur de GC Tech, lui proposait de rejoindre Exod. Un projet « au croisement de tout ce que j'aime : le tourisme, la tech, le jeu vidéo et l'humain ». Il y a un peu plus de dix mois qu'il a rejoint l'équipe, à un rythme « aussi exigeant que passionnant ».
Montpellier, terrain de jeu idéal
Installé à Montpellier depuis 2011 pour rejoindre sa compagne, radiophysicienne à l'ICM, Sylvain a découvert un cadre de vie taillé pour lui : la mer, les Cévennes, les étangs, un paradis pour le kitesurf et le wingfoil. Mais aussi un écosystème entrepreneurial rare, du BIC à la Halle de l'Innovation, sans oublier une scène jeu vidéo dynamique. Naturellement, c'est ici qu'Exod a posé ses premières énigmes.
Aujourd'hui, près de 400 testeurs utilisent déjà l'application sur iOS et Android. Un souvenir le fait sourire : l'accueil de cinq touristes américains venus découvrir Montpellier… alors que le jeu n'existait pas encore en anglais. Sylvain a improvisé une traduction en direct. « Ça y est, le concept fonctionne même avec des visiteurs venus de l'autre bout du monde », s'est-il dit, amusé de reconnaître que ce n'était « pas un modèle très scalable ».
Son message aux Montpelliérains ? Rejoindre l'aventure dès maintenant, car le jeu se construit avec sa communauté. « Les plus belles aventures se construisent rarement seul. » Une invitation à explorer sa ville autrement — et, qui sait, à voir son idée figurer dans la version finale d'Exod.
Propos recueillis par Montpellito · exod
À votre tour
Vous aussi, faites la une de toutmontpellier.fr
Racontez votre histoire à Montpellito — il en écrit gratuitement votre portrait, en quelques minutes, à partager à tout votre réseau.
Encore des visages

