Palavas-les-Flots : le retour d'une corrida après dix ans déclenche pétition et menaces de poursuites

La rédaction·
Palavas-les-Flots : le retour d'une corrida après dix ans déclenche pétition et menaces de poursuites

En bref

  • Une corrida est programmée le samedi 10 octobre aux arènes El Cordobès de Palavas-les-Flots, dix ans après la dernière édition.
  • L'affiche prévoit un mano a mano entre le matador espagnol Morante de la Puebla et le Français Clemente.
  • Deux associations, le Crac Europe et l'Alliance Anticorrida, contestent ce retour et évoquent une action en justice.
  • Une pétition en ligne a dépassé les 2 000 signatures dès le premier jour, puis les 2 600 en quelques jours.
  • Le maire Christian Jeanjean renvoie la responsabilité à son délégataire, malgré une promesse faite en 2017.

Sud de Montpellier, les arènes de Palavas-les-Flots retrouvent l'affiche qu'elles n'avaient plus connue depuis une décennie : une corrida est annoncée pour le samedi 10 octobre, avec un mano a mano opposant le célèbre matador espagnol Morante de la Puebla au Français Clemente. La billetterie a ouvert fin août, et l'annonce a mis le feu aux poudres chez les défenseurs de la cause animale.

Deux associations, deux fronts juridiques

Dès la nouvelle connue, le Crac Europe, présidé par le Montpelliérain Cyril Vaucelle, a lancé une pétition en ligne qui a dépassé les 2 000 signatures en une seule journée, puis franchi les 2 600 quelques jours plus tard. L'association annonce avoir saisi ses avocats pour étudier un recours devant la justice.

De son côté, l'Alliance Anticorrida a pris les devants en faisant parvenir, par l'intermédiaire de son avocat, un courrier au maire de Palavas dès l'annonce du spectacle. Elle lui demande d'utiliser ses pouvoirs de police pour interdire l'événement, en s'appuyant sur un point de droit : une interruption de plusieurs années dans la tenue de spectacles taurins ferait perdre à une commune le statut de "tradition locale ininterrompue", seul motif qui permet légalement de déroger à l'interdiction de mise à mort des taureaux en France.

La mairie renvoie vers son délégataire

Sollicité, le maire Christian Jeanjean n'a pas souhaité s'exprimer directement. Un communiqué municipal indique que l'exploitation des arènes relève d'une délégation de service public confiée à la société Vincent Ribera Organisation, et précise que « la ville n'est pas partie prenante de cette organisation ».

Cette position détonne avec un engagement pris publiquement par l'édile en 2017, lorsqu'il avait assuré qu'aucune corrida ne se tiendrait plus à Palavas tant qu'il en serait maire. Les associations y voient un revirement, d'autant que les deux camps s'accordent sur un point : durant les dix années sans corrida, des spectacles taurins sans mise à mort ont continué d'exister localement, notamment du côté de Mauguio.

Le délégataire des arènes assume pleinement son choix. Il explique que l'arrêt des corridas tenait à des raisons économiques et que la venue du matador espagnol constitue une occasion trop rare pour être refusée :

« On a une proposition avec Morante de la Puebla, le maître de la tauromachie espagnole, dont c'est la seule prestation en France. Cela ne se refuse pas. »

Un précédent tout proche, à Pérols

Les opposants rappellent qu'à Pérols, commune voisine située à moins de 7 km de Palavas, une tentative similaire de faire revenir la corrida avait échoué : la justice administrative avait tranché en faveur des associations de défense des animaux. C'est ce précédent que l'Alliance Anticorrida et le Crac Europe entendent faire valoir si la mairie de Palavas ne revient pas sur sa position avant le 10 octobre.

Infos pratiques

Date
Samedi 10 octobre 2026
Lieu
Arènes El Cordobès (Manuel Benítez), avenue de l'Abbé Brocardi, Palavas-les-Flots
Affiche
Mano a mano Morante de la Puebla / Clemente
Organisation
Délégataire Vincent Ribera Organisation, dans le cadre d'une DSP de la mairie de Palavas

À retenir

  • La loi française interdit en principe la mise à mort du taureau en spectacle, sauf dans les zones où existe une tradition locale ininterrompue.
  • Une interruption de plusieurs années, comme les dix ans écoulés à Palavas, peut faire perdre ce statut dérogatoire, selon l'argumentaire des associations.
  • À Pérols, commune limitrophe, un projet comparable avait été bloqué par la justice administrative.

Questions fréquentes

Pourquoi cette corrida fait-elle polémique ?
Parce que les arènes de Palavas n'avaient plus organisé de corrida depuis dix ans, ce qui interroge le statut légal de "tradition locale ininterrompue" nécessaire pour déroger à l'interdiction de mise à mort.
La mairie peut-elle interdire le spectacle ?
Les associations estiment que le maire conserve son pouvoir de police même si l'exploitation des arènes est déléguée à une société privée ; la mairie renvoie pour l'instant vers son délégataire.

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