LGV Montpellier-Barcelone : Delafosse et Collboni réclament la fin d'un chantier au point mort depuis 13 ans

En bref
- Déclaration commune signée le 20 juillet à l'hôtel de ville de Barcelone par Michaël Delafosse et Jaume Collboni
- La liaison à grande vitesse Barcelone-Perpignan roule depuis 2013, mais rien n'est construit côté français depuis
- Tronçon Montpellier-Béziers attendu pour 2034, prolongement jusqu'à Perpignan pas avant 2040
- Le projet est né à Montpellier en 1988 et porté depuis 2008 par un collectif de villes du corridor
- Jumelage Montpellier-Barcelone, le plus ancien de la ville catalane, datant de 1963
Le dossier de la grande vitesse ferroviaire entre Montpellier et Barcelone refait surface, porté cette fois par une initiative commune des deux municipalités. Le 20 juillet, dans le salon d'honneur de la mairie de Barcelone, Michaël Delafosse et Jaume Collboni ont signé un texte bilingue, français et catalan, réclamant l'achèvement de cette ligne à grande vitesse transfrontalière.
Les deux édiles, qui président également leurs intercommunalités respectives, ont profité d'une rencontre consacrée aux coopérations entre les deux villes pour hausser le ton sur ce chantier en panne.
Un chantier arrêté à la frontière depuis 2013
L'histoire du projet remonte à 1988, quand la France et l'Espagne lancent ensemble, à Montpellier, l'idée d'une ligne à grande vitesse reliant les deux pays. Sur la partie espagnole, l'engagement a été tenu : les trains circulent entre Barcelone et Perpignan depuis 2013. Côté français, en revanche, aucun tronçon n'a été construit depuis treize ans entre Montpellier et la frontière.
Le calendrier officiel de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan donne la mesure du retard accumulé :
| Étape | Distance | Coût estimé | Échéance |
|---|---|---|---|
| Montpellier-Béziers (phase 1) | 52,3 km | 2 milliards d'euros | Mise en service visée en 2034 |
| Béziers-Perpignan (phase 2) | 97,7 km | 4 milliards d'euros | Pas avant 2040 |
La déclaration d'utilité publique de la première phase a été prononcée en février 2023, avec un lancement des travaux espéré avant fin 2029. Sur le terrain, des interventions préparatoires ont déjà démarré entre Montpellier et Béziers, mais le reste du projet reste suspendu aux décisions financières de l'État et des collectivités.
Attractivité, climat et corridor européen
Dans leur texte, les deux maires justifient l'urgence par plusieurs arguments convergents :
- un enjeu d'attractivité économique pour les deux territoires, avec un potentiel de plus de deux millions de voyageurs entre les villes jumelles
- une position partagée, selon eux, par la Région Occitanie et la Generalitat de Catalogne
- la nécessité de boucler un corridor ferroviaire reliant la péninsule Ibérique, Paris et l'est de l'Europe, tout en libérant de la capacité pour le fret
- une dimension climatique assumée, les deux élus évoquant les chaleurs extrêmes observées en Europe en juin 2026
« Ce projet représente un enjeu stratégique d'attractivité pour nos territoires respectifs, qui permettra à plus de deux millions de personnes de transiter entre les villes jumelles que sont Montpellier et Barcelone », affirment les deux maires dans leur déclaration commune.
Les signataires décrivent une infrastructure pensée pour durer, au service de plusieurs générations d'usagers.
Un partenariat qui dépasse le rail
Cette mobilisation ferroviaire n'est pas nouvelle : un premier sommet des maires sur la grande vitesse s'était déjà tenu à Barcelone en octobre 2008, réunissant une douzaine de villes du tracé, dont Béziers, Narbonne, Nîmes, Perpignan et Toulouse.
Au-delà du rail, la rencontre a aussi été l'occasion de réaffirmer le jumelage entre les deux villes, qui remonte à 1963 - le plus ancien encore actif pour la capitale catalane. Montpellier et Barcelone entendent approfondir leur coopération dans les infrastructures, le sport, la culture et la lutte contre le changement climatique. Les deux maires ont aussi rendu hommage à Ricardo Bofill, l'architecte catalan à qui l'on doit le quartier Antigone à Montpellier.
Infos pratiques
- Signature de la déclaration
- 20 juillet 2026, hôtel de ville de Barcelone
- Montpellier-Béziers
- mise en service visée en 2034
- Montpellier-Perpignan (ligne complète)
- pas avant 2040
À retenir
- Le projet de LGV Montpellier-Barcelone date de 1988 mais reste inachevé côté français
- La partie espagnole (Barcelone-Perpignan) est en service depuis 2013
- Les maires de Montpellier et Barcelone demandent une accélération auprès de l'État français
Questions fréquentes
Pourquoi la ligne n'est-elle pas terminée côté français ?Continuez sur toutmontpellier
Les meilleures adresses et idées de sortie, près de chez vous.
À lire aussi
D’autres actus de Montpellier

IApéros débarque à Montpellier : un apéro pour les curieux et les passionnés d'IA
il y a 14h

Le Cirque de Mourèze récompensé par la Fondation du patrimoine, qui lance aussi un appel aux dons face aux incendies
il y a 18h

Sécheresse, fin de la canicule, risque incendie : où en est l'Hérault ce mercredi
il y a 19h

Mercato MHSC : deux jeunes recrues pour muscler l'effectif avant la reprise
il y a 20h