Feria de Béziers : le discours et l'affiche de Robert Ménard font réagir jusqu'à Montpellier

La rédaction·
Feria de Béziers : le discours et l'affiche de Robert Ménard font réagir jusqu'à Montpellier

En bref

  • Une affiche officielle de la Ville de Béziers proclame : « On aime la messe, les femmes, les toros, les flics et vous ? »
  • Dans son discours d'ouverture de la feria, Robert Ménard a évoqué les femmes en des termes jugés dégradants par plusieurs organisations
  • L'adjointe montpelliéraine Muriel Ressiguier a vivement critiqué l'affiche sur les réseaux sociaux
  • Plusieurs collectifs et partis de gauche biterrois dénoncent des propos « orduriers » et « anti-républicains »
  • Le maire de Béziers assume ses propos et dit ne voir aucun problème

La feria de Béziers 2026 aura, une nouvelle fois, davantage fait parler d'elle pour les déclarations de son maire que pour ses réjouissances taurines. En cause : une affiche officielle placardée dans les rues de la sous-préfecture de l'Hérault et relayée sur les réseaux sociaux, ainsi qu'un passage du discours d'ouverture prononcé par Robert Ménard devant la foule des festaïres.

L'affiche montre l'édile de dos, écharpe tricolore sur l'épaule, face au public, accompagnée du slogan : « On aime la messe, les femmes, les toros, les flics et vous ? » Une formule reprise d'un passage de son discours, où il avait notamment déclaré aimer « les femmes, le corps et le regard des femmes », à sa façon, quitte à s'attirer les foudres de ce qu'il a qualifié de « féministes à deux balles ».

Une polémique qui déborde jusqu'à Montpellier

Interrogé sur cette communication, le maire de Béziers, réélu en 2014 avec le soutien du Front national, ne se dit absolument pas gêné par la formulation. Il assure se rendre volontiers dans les lieux de culte d'autres confessions, revendique son goût pour la corrida sans vouloir en priver personne, et justifie son évocation des femmes en affirmant simplement les apprécier « libres » et « à visage découvert ». Sur la police, il rappelle que la fête ne serait pas possible sans son travail.

La controverse a rapidement dépassé les frontières biterroises. À Montpellier, l'adjointe aux Solidarités Muriel Ressiguier, sur la liste du maire Michael Delafosse en vue des municipales 2026, a vivement réagi sur les réseaux sociaux. Elle dénonce une affiche qui érigerait la religion en marqueur identitaire, réduirait les femmes à un objet entre deux traditions, et instrumentaliserait la police comme symbole d'ordre. Elle y voit une manière de sommer les habitants de choisir leur camp, entre « vrais » Biterrois et les autres.

Des organisations dénoncent des propos « anti-républicains »

À Béziers même, plusieurs structures locales — parmi lesquelles la Ligue des droits de l'Homme, La Libre pensée, des mouvements de gauche et des associations de défense des droits — ont publié un communiqué commun. Elles qualifient les propos du maire sur les femmes d'« orduriers » et de « méprisants », estimant qu'ils réduisent les femmes à de simples objets de désir plutôt qu'à des citoyennes à part entière. Ces organisations rappellent les combats historiques pour le droit de vote, la contraception ou l'avortement, et appellent à ne pas oublier certaines pages sombres de l'histoire que ce type de discours pourrait évoquer.

De son côté, l'édile biterrois maintient sa position, expliquant simplement vouloir dire que les femmes sont aimées et que cela ne devrait choquer personne.

Une feria sportivement décevante

Sur le plan taurin, la clôture de la feria a laissé un goût d'inachevé. Devant 5 500 spectateurs, seul le Biterrois Christian Parejo est parvenu à tirer son épingle du jeu, coupant une oreille méritée face au dernier toro de l'élevage Margé, réputé pourtant pour sa régularité. Les autres toreros n'ont pas eu cette chance face à un lot jugé décevant par les observateurs.

À retenir

  • Une affiche de la Ville de Béziers associant messe, femmes, corrida et police fait polémique
  • Le discours d'ouverture de la feria par Robert Ménard sur les femmes est jugé sexiste par plusieurs collectifs
  • Une élue montpelliéraine, Muriel Ressiguier, s'est publiquement indignée de cette communication

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