Carcassonne : un policier municipal filmé tenant des propos racistes, une enquête ouverte

En bref
- Le 6 novembre 2025, lors d'une patrouille de nuit à Carcassonne, un brigadier-chef de la police municipale enclenche sa caméra piéton pour la tester et oublie de l'éteindre.
- L'appareil enregistre plusieurs heures durant lesquelles l'agent multiplie insultes racistes, propos misogynes, complotistes et des regrets de "dictature".
- Les images, d'abord restées en interne sans suite disciplinaire, ont été rendues publiques début septembre 2026 par un média régional.
- L'agent, 50 ans, ancien parachutiste, est par ailleurs lié au service de sécurité du Rassemblement National.
- Le parquet de Carcassonne a ouvert une enquête préliminaire dès janvier 2026 ; la mairie, dirigée depuis mars par le RN, dit condamner des faits antérieurs à son arrivée.
Une soirée de patrouille comme une autre a tourné au scandale à Carcassonne. Le 6 novembre 2025, un brigadier-chef de la police municipale active sa caméra individuelle pour en vérifier le fonctionnement avant de partir en ronde. Convaincu de l'avoir éteinte, il la laisse pourtant tourner durant plusieurs heures, enregistrant sans le savoir l'intégralité de son service.
Des propos violents envers plusieurs communautés
Dans cet enregistrement, l'agent enchaîne les remarques hostiles envers les personnes maghrébines, africaines et les migrants, tout en glissant vers des thèmes complotistes et sexistes. Selon plusieurs médias locaux, il aurait notamment tenu ces propos, repris à l'identique par plusieurs comptes rendus :
"C'est un bougnoule qui pue le kebab"
Il regrette également, dans les mêmes termes rapportés par plusieurs médias :
"Il nous manque un général à grosses couilles, un p'tit coup d'État, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal"
L'homme, âgé de 50 ans et ancien parachutiste du 3e RPIMa de Carcassonne, occupe le grade de brigadier-chef au sein de la police municipale. Il est aussi présenté comme proche du service de sécurité du Rassemblement National, qu'il aurait épaulé ponctuellement, y compris, selon plusieurs médias locaux, pendant une période où il se trouvait en arrêt maladie et où le président du parti effectuait un déplacement en Occitanie.
Une première enquête restée sans suite, puis un signalement en 2026
La vidéo avait déjà circulé en interne au sein de la police municipale en 2025, provoquant l'ouverture d'une enquête administrative. Celle-ci n'avait débouché sur aucune sanction disciplinaire, sous l'ancienne municipalité alors dirigée par Les Républicains. Ce n'est qu'après un changement de majorité à Carcassonne, en mars 2026, que le parquet a été saisi : une enquête préliminaire est ouverte depuis janvier 2026 pour établir la nature exacte des faits.
Les images n'ont été rendues publiques qu'au début du mois de septembre 2026, par un média régional, avant d'être largement relayées.
La mairie promet des suites, le flou persiste sur le poste de l'agent
Au lendemain de cette diffusion, l'équipe municipale actuelle, désormais dirigée par le Rassemblement National, a publié un communiqué. Elle y qualifie les propos d'"inacceptables" et affirme que "le maire et l'ensemble de la municipalité les condamnent sans aucune réserve" — une formulation reprise à l'identique par plusieurs comptes rendus. La mairie souligne aussi que les faits sont survenus avant son arrivée aux commandes, et met en cause la gestion de l'affaire par l'équipe précédente, qu'elle juge insuffisante.
À ce stade, la situation professionnelle de l'agent reste incertaine : aucune source ne permet de dire s'il a été suspendu de ses fonctions. Seules certitudes rapportées : une enquête préliminaire est en cours du côté judiciaire, et la municipalité affirme vouloir engager des procédures internes.
Infos pratiques
- Lieu
- Carcassonne (Aude)
- Date des faits
- 6 novembre 2025
- Ouverture de l'enquête préliminaire
- Janvier 2026
- Révélation publique de l'affaire
- Début septembre 2026
À retenir
- Les propos ont été enregistrés par erreur en novembre 2025, avant l'élection de l'actuelle municipalité RN.
- Une première enquête administrative menée en 2025 n'avait entraîné aucune sanction disciplinaire.
- Le statut professionnel actuel de l'agent visé n'est pas confirmé par les sources disponibles.
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