toutmontpellier.fr

À Thau, la palourde en déclin fait dialoguer scientifiques, artistes et pêcheurs

La rédaction·
À Thau, la palourde en déclin fait dialoguer scientifiques, artistes et pêcheurs

En bref

  • Le projet CLAM-EU associe l'Université de Montpellier, l'Ifremer et deux artistes (peinture, piano)
  • Objectif : étudier le déclin de la palourde européenne (Ruditapes decussatus) dans la lagune de Thau
  • Un dispositif scientifique, le procédé Careshell, sera testé avec pêcheurs et étudiants du Lycée de la mer de Sète
  • Le projet est financé à hauteur de 50 000 € par le programme européen Horizon Europe – Mission Ocean
  • Restitutions publiques prévues à Sète le 3 décembre 2026, puis à Barcelone

Une ressource historique en danger dans la lagune de Thau

Surnommée « l'or gris » des pêcheries méditerranéennes, la palourde européenne connaît un déclin marqué dans la lagune de Thau, sur le littoral montpelliérain. Ce phénomène ne se limite pas à la Méditerranée locale : il touche treize des dix-sept systèmes côtiers et lagunaires étudiés à l'échelle européenne. Pour les pêcheurs artisanaux du bassin de Thau, cette baisse fragilise une activité économique historique, mais aussi une part de l'identité des communautés côtières installées autour de l'étang.

C'est dans ce contexte que naît le projet CLAM-EU (« From ecological collapse to collective renewal »), un démonstrateur participatif qui associe démarche scientifique et création artistique pour tenter d'apporter des réponses à cette érosion.

Qui porte le projet ?

CLAM-EU réunit plusieurs institutions et acteurs de terrain :

  • Université de Montpellier, établissement porteur du projet
  • Ifremer, via le chercheur Franck Lagarde
  • Bastien Mérigot, maître de conférences à l'Université de Montpellier, chargé des analyses statistiques
  • La peintre Françoise Dagorn et la pianiste Stéphanie Elbaz
  • Le Lycée de la mer de Sète, le Syndicat Mixte du Bassin de Thau et la Prud'homie de l'étang de Thau

Le projet est financé à hauteur de 50 000 euros dans le cadre du programme européen Horizon Europe – Mission Ocean, via l'appel à projets PartArt4OW (Participatory Art For Society Engagement with Ocean and Water). Il se déroule sur six mois, de juillet à décembre 2026.

Un volet scientifique testé sur le terrain

Au cœur du projet, une expérimentation portera sur le procédé Careshell : un substrat fabriqué à partir de coquilles d'huîtres broyées, conditionnées dans des filets de nylon. Déjà testé avec succès au Japon, ce dispositif vise à favoriser l'abondance, la croissance, la survie et le recrutement de la palourde européenne.

L'expérimentation sera menée directement au Lycée de la mer de Sète, avec la participation des pêcheurs, des étudiants et des acteurs locaux. Franck Lagarde (Ifremer) coordonnera cette phase de terrain, tandis que Bastien Mérigot assurera l'analyse statistique et l'interprétation des résultats.

Quand l'art rejoint la science

En parallèle du volet scientifique, deux artistes animeront des ateliers participatifs ouverts aux habitants et aux étudiants :

  • La pianiste Stéphanie Elbaz proposera de fabriquer des instruments de percussion à partir de coquilles de palourdes, et d'explorer la musique par les mains, les pieds, la voix, le souffle et le mouvement. Ce travail donnera lieu à une performance collective associant ces instruments à un piano préparé.
  • La peintre Françoise Dagorn organisera des ateliers de création à partir du dispositif Careshell, de cartes marines, d'articles scientifiques et de coquilles de palourdes. Par un travail de déconstruction et de recomposition, les participants créeront des œuvres collectives traduisant leur perception sensible du territoire.

Des restitutions ouvertes au public

Le projet se conclura par plusieurs rendez-vous accessibles aux habitants du territoire.

DateÉvénementLieu
3 décembre 2026Conférence scientifique, concert et expositionPôle Universitaire Michèle Weil, Sète
Jusqu'au 11 décembre 2026Exposition temporaireSète
À suivrePrésentation aux PartArt4OW Demo DaysBarcelone

Au-delà de ces rendez-vous, les porteurs du projet indiquent vouloir développer une méthodologie art-science transférable à d'autres écosystèmes marins européens, en s'appuyant sur la mobilisation conjointe des scientifiques, artistes, pêcheurs, étudiants et citoyens autour d'un même territoire.

Infos pratiques

Dates du projet
Juillet à décembre 2026
Restitution publique
3 décembre 2026, Pôle Universitaire Michèle Weil, Sète
Exposition
Jusqu'au 11 décembre 2026 à Sète
Lieu d'expérimentation
Lycée de la mer de Sète
Financement
50 000 € via Horizon Europe – Mission Ocean

À retenir

  • CLAM-EU associe recherche scientifique et création artistique pour étudier le déclin de la palourde européenne dans la lagune de Thau
  • Le procédé Careshell, à base de coquilles d'huîtres broyées, sera testé avec pêcheurs et étudiants pour favoriser le repeuplement
  • Une conférence, un concert et une exposition ouverts au public sont prévus à Sète le 3 décembre 2026
  • Le projet, financé par l'Europe, vise à créer une méthode transférable à d'autres lagunes du continent

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le procédé Careshell testé dans le projet ?
Il s'agit d'un substrat composé de coquilles d'huîtres broyées, conditionnées dans des filets de nylon, déjà expérimenté au Japon pour favoriser la croissance et le repeuplement de la palourde.
Les événements de restitution sont-ils ouverts au public ?
Oui, la conférence scientifique, le concert et l'exposition prévus le 3 décembre 2026 au Pôle Universitaire Michèle Weil de Sète sont ouverts au public, ainsi que l'exposition temporaire qui suit jusqu'au 11 décembre.
Qui finance le projet CLAM-EU ?
Le projet est financé à hauteur de 50 000 € par le programme européen Horizon Europe – Mission Ocean, via l'appel à projets PartArt4OW.

À lire aussi

D’autres actus de Montpellier

Montpellito

Votre assistant local

Une question sur Montpellier ?

Montpellito connaît la ville par cœur — adresses, sorties, artisans, actu. Il répond en un éclair, c'est plus rapide que de chercher.