Thermes de Balaruc-les-Bains : la Chambre régionale des comptes pointe du matériel « inutile » et des salaires « hors norme »

En bref
- La CRC Occitanie a examiné la SPLETH, société qui exploite les thermes de Balaruc-les-Bains, sur 2020-2024, ainsi que les comptes de la commune
- Chiffre d'affaires de 39,5 millions d'euros en 2024, résultat net de 3,3 millions et trésorerie de 20,5 millions
- Un équipement d'hyperionisation d'environ un million d'euros jugé inefficace, et des rémunérations qualifiées de « hors norme »
- Les activités de diversification (bien-être, thermoludisme, cosmétique) cumulent 3,4 millions d'euros de pertes sur la période
- Le centre O'Balia, fermé depuis début 2024, reste sans solution après un appel d'offres infructueux
Premier établissement thermal du pays par sa fréquentation, la station de Balaruc-les-Bains vient de faire l'objet d'un double contrôle des magistrats financiers régionaux : l'un sur la société qui gère l'exploitation des thermes, l'autre sur la gestion municipale. Verdict : des comptes solides, mais un pilotage à revoir.
Des finances qualifiées de robustes
La Société publique locale d'exploitation des thermes (SPLETH) affiche une trajectoire financière que la chambre elle-même décrit comme saine. Entre 2019 et 2024, son chiffre d'affaires est passé de 34,1 à 39,5 millions d'euros, pour un résultat net de 3,3 millions et une trésorerie disponible de 20,5 millions.
Ce dynamisme repose presque entièrement sur le thermalisme médical : les cures prises en charge par l'Assurance maladie représentent plus de 90 % des recettes. Une dépendance qui expose directement l'établissement aux arbitrages nationaux sur les niveaux de remboursement.
| Indicateur | 2019 | 2024 |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 34,1 M€ | 39,5 M€ |
| Résultat net | - | 3,3 M€ |
| Trésorerie disponible | - | 20,5 M€ |
Cette activité profite largement à la commune, propriétaire des installations et actionnaire majoritaire : environ 9,2 millions d'euros lui reviennent chaque année entre redevances et dividendes, soit près d'un cinquième du chiffre d'affaires de la société. Le nouveau contrat signé pour la période 2024-2029 prévoit d'ailleurs une redevance dédiée au renouvellement du patrimoine qui doit grimper progressivement jusqu'à 1,65 million d'euros.
Diversification et matériel : des choix coûteux
Le bilan est en revanche plus sombre du côté des activités annexes lancées pour élargir l'offre au-delà des cures conventionnées. Bien-être, espace ludique et soins cosmétiques ont accumulé ensemble 3,4 millions d'euros de déficit sur la période, absorbés par les bénéfices du thermalisme médical.
- Le pôle cosmétique affiche à lui seul plus de deux millions d'euros de pertes, la chambre notant au passage qu'une partie de ses recettes provient en réalité de la vente de textiles (peignoirs, paréos, serviettes)
- Le centre thermoludique O'Balia, fermé pour travaux depuis janvier 2024, avait déjà cumulé plus d'un million d'euros de pertes sur les années précédentes ; son appel d'offres de rénovation s'est révélé infructueux en raison de coûts jugés trop élevés, et le maire Christophe Rioust n'exclut pas de revoir le projet
- Un équipement d'hyperionisation, acquis pour près d'un million d'euros, est considéré par les magistrats comme un investissement resté sans utilité réelle
La direction de la SPLETH défend un modèle « intégré », où ces services contribuent selon elle à l'attractivité globale de la station, même s'ils ne sont pas rentables en tant que tels.
Une gouvernance jugée trop concentrée
Au-delà des chiffres, c'est surtout l'organisation interne que la chambre régionale des comptes retoque. Elle relève un cumul des fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général qui, bien que conforme aux textes, concentre l'essentiel du pouvoir exécutif entre les mêmes mains. Les magistrats évoquent également une information insuffisante transmise aux actionnaires et des niveaux de rémunération jugés « hors norme ».
En conclusion, les rapports appellent à clarifier l'organisation de la direction et à mieux encadrer le pilotage de la société, malgré une situation financière qui reste, dans l'ensemble, favorable.
Infos pratiques
- Rapports publiés
- 17 et 18 septembre 2026
- Période contrôlée
- 2020-2024
- Organisme
- Chambre régionale des comptes Occitanie
- Structure concernée
- SPLETH, exploitant des thermes de Balaruc-les-Bains
À retenir
- Des comptes solides mais très dépendants des remboursements de l'Assurance maladie
- Un million d'euros de matériel jugé inutile et des activités annexes déficitaires
- La gouvernance de la société, notamment la concentration des pouvoirs, doit être clarifiée
Questions fréquentes
Pourquoi les thermes de Balaruc dépendent-ils autant de l'Assurance maladie ?Ne ratez plus rien
L’actu de Montpellier, chaque matin
Un seul e-mail par jour, l’essentiel de ce qu’il s’est passé ici. Gratuit.
Rythme modifiable · désinscription en 1 clic
Continuez sur toutmontpellier
Les meilleures adresses et idées de sortie, près de chez vous.
Clap'Arts Festival : l'art de rue s'installe pour deux samedis place Max-Rouquette, aux Arceaux
SuivantMontpellier : un homme aurait tiré vers le gérant d'un camion à pizza avant de s'en prendre à ses employés
À lire aussi
D’autres actus de Montpellier

Fonction publique à Montpellier : grève et manifestation prévues le 29 septembre
il y a 29min

Crise conchylicole à Sète : l'agglopôle revendique un investissement record dans l'assainissement
il y a 34min

Montpellier : un homme aurait tiré vers le gérant d'un camion à pizza avant de s'en prendre à ses employés
il y a 36min

Clap'Arts Festival : l'art de rue s'installe pour deux samedis place Max-Rouquette, aux Arceaux
il y a 1h