Montpellier muscle sa présence policière l'été dans l'Écusson : les évictions de places quasi divisées par deux en trois ans

La rédaction·
Montpellier muscle sa présence policière l'été dans l'Écusson : les évictions de places quasi divisées par deux en trois ans

En bref

  • La « brigade des places » patrouille l'été sur Canourgue, Saint-Roch, Sainte-Anne et le marché aux fleurs
  • Les évictions de places sont passées de 7 910 en 2023 à 4 464 en 2025, sur une durée de dispositif plus courte
  • Les procès-verbaux pour non-respect de l'arrêté de tranquillité publique ont grimpé de 42 à 125 sur la même période
  • L'Unité de nuit est passée de 24 à 43 agents en cinq ans
  • 768 infractions relevées pour usage de trottinettes électriques en zone piétonne entre janvier et juillet 2026

Un dispositif né des tensions estivales de l'Écusson

Place de la Canourgue, place Saint-Roch, place Sainte-Anne ou encore le marché aux fleurs : ces lieux emblématiques du centre historique montpelliérain sont, chaque soir d'été, le théâtre de rassemblements festifs qui peuvent virer aux nuisances sonores et aux dégradations pour les riverains. C'est ce constat de terrain qui a conduit la Ville de Montpellier à créer la « brigade des places », un dispositif de police municipale spécifiquement dédié à la tranquillité publique de l'Écusson durant la période estivale.

Dès sa création, le choix a été fait de mobiliser des agents habituellement en poste de jour plutôt que l'Unité de nuit, afin que cette dernière reste disponible pour répondre aux appels des habitants. Le dispositif, qui s'étalait initialement sur trois mois et demi avec douze agents du mercredi au samedi, a été resserré depuis 2024 autour de son « cœur d'efficacité » : les mois de juillet et août, les jeudis, vendredis et samedis, avec sept agents de journée et trois agents de l'Unité de nuit.

Ce renforcement a été rendu possible, selon la municipalité, par l'augmentation des effectifs de l'Unité de nuit, passés de 24 à 43 agents en cinq ans.

Des chiffres en nette baisse, une fermeté maintenue

Selon les données transmises par la Ville, le principal indicateur de nuisance — le nombre de personnes invitées à quitter les places — a quasiment été divisé par deux en trois ans, alors même que la durée du dispositif a été raccourcie.

Indicateur20232025
Évictions de places7 9104 464
Durée du dispositif12 semaines9 semaines
PV arrêté tranquillité publique42125
Mises à disposition5118
Mises en fourrière158
Fermetures d'établissements41

Les neuf premières semaines de l'été 2026 confirment cette tendance, avec 3 071 évictions déjà comptabilisées à ce stade. Concrètement, les places se vident plus rapidement et les agents interviennent moins fréquemment pour rétablir le calme.

Dans le même temps, la progression des procès-verbaux liés à l'arrêté de tranquillité publique — de 42 à 125 entre 2023 et 2025 — indique, selon la Ville, que les comportements les plus problématiques continuent d'être sanctionnés avec la même rigueur.

Au-delà de la surveillance des places : des interventions plus larges

Les agents de la brigade des places et de l'Unité de nuit interviennent aussi, ponctuellement, sur des faits plus graves, du fait de leur présence régulière sur le terrain. Le communiqué cite plusieurs exemples récents :

  • Lors de la rencontre France-Angleterre, à l'été 2026, un contrôle d'identité de routine a permis l'interpellation d'un individu recherché, par la suite condamné à huit mois d'emprisonnement pour agression avec arme.
  • L'été précédent, une soirée chargée avait donné lieu à trois mises à disposition, dont une pour violences avec arme et une pour vol, ainsi qu'à la prise en charge d'un mineur de 17 ans en état d'ivresse, remis à ses parents.
  • Place des Beaux-Arts, une interpellation pour port d'arme prohibé avait mobilisé les agents autour d'un individu déjà connu des services de police pour des faits de violence.
  • À l'été 2023, dans le contexte des troubles consécutifs à la mort de Nahel Merzouk, la brigade des places et l'Unité de nuit avaient été mobilisées en renfort pour préserver le calme du centre-ville.

Trottinettes électriques : la verbalisation se poursuit

Depuis la mise en place de l'obligation de mettre pied à terre pour les trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés (monoroues, gyropodes, hoverboards) sur les principaux axes piétons du centre-ville et de l'aire piétonne d'Antigone, la Ville indique que les contrôles se maintiennent :

  • 768 infractions relevées entre janvier et juillet 2026, dont 144 sur le seul mois de juillet.
  • 116 trottinettes mises en fourrière sur la même période, pour défaut d'assurance ou utilisation d'engins modifiés dépassant les vitesses autorisées.

Cette mesure vise à protéger les publics les plus vulnérables dans les zones les plus fréquentées du centre-ville.

Un dispositif amené à évoluer

La Ville de Montpellier indique poursuivre l'adaptation annuelle de l'organisation de ses services de tranquillité publique, en fonction des besoins observés chez les habitants et les commerçants de l'Écusson.

Infos pratiques

Zone concernée
Places de la Canourgue, Saint-Roch, Sainte-Anne, marché aux fleurs, zone piétonne centre-ville et Antigone
Période du dispositif
Juillet et août, jeudis, vendredis et samedis
Effectifs mobilisés
7 agents de journée + 3 agents de l'Unité de nuit
Règle trottinettes
Pied à terre obligatoire sur les principaux axes piétons

À retenir

  • Les évictions de places ont presque diminué de moitié entre 2023 et 2025, malgré un dispositif plus court
  • Les sanctions les plus lourdes (procès-verbaux liés à l'arrêté de tranquillité) ont, elles, nettement augmenté
  • L'Unité de nuit a presque doublé ses effectifs en cinq ans (24 à 43 agents)
  • Le contrôle des trottinettes électriques en zone piétonne reste actif, avec 768 infractions relevées depuis janvier 2026

Questions fréquentes

Pourquoi la brigade des places n'utilise-t-elle pas l'Unité de nuit habituelle ?
Selon la Ville, ce choix permet de garder l'Unité de nuit pleinement disponible pour répondre aux appels des Montpelliérains, en dehors de sa participation ponctuelle au dispositif estival.
La baisse des évictions signifie-t-elle moins de contrôles ?
Non, la municipalité souligne au contraire une hausse des procès-verbaux liés à l'arrêté de tranquillité publique, passés de 42 en 2023 à 125 en 2025.
Où s'applique l'interdiction des trottinettes électriques ?
Sur les principaux axes de la zone piétonne du centre-ville ainsi que dans l'aire piétonne d'Antigone, où les usagers doivent mettre pied à terre.

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