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Aqueduct section "Pont de la Lône"
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Aqueduct section "Pont de la Lône"

Vers-Pont-du-Gard

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Vestige méconnu de l'aqueduc romain, le Pont de la Lône révèle l'ingéniosité hydraulique antique.

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À propos

Aqueduct section "Pont de la Lône", l'adresse en bref

Le Pont de la Lône constitue l'un des témoins les plus authentiques de l'aqueduc romain de Nîmes, cette prouesse technique longue de 50 kilomètres qui alimentait la ville antique. Niché dans la garrigue gardoise près de Vers-Pont-du-Gard, ce vestige discret révèle l'ingéniosité des constructeurs romains qui franchirent vallons et rivières pour acheminer l'eau depuis la source d'Eure jusqu'au castellum de Nîmes.

Histoire et patrimoine

L'aqueduc de Nîmes, construit au Ier siècle après J.-C., représentait un défi technique considérable pour les ingénieurs romains. Cette infrastructure monumentale devait franchir de nombreux obstacles naturels sur son parcours de 50 kilomètres, depuis la Fontaine d'Eure près d'Uzès jusqu'au castellum divisorium de Nîmes. Le Pont de la Lône constituait l'un des neuf ouvrages d'art majeurs jalonnant ce tracé exceptionnel, aux côtés du célèbre Pont du Gard, des ponts de Bornègre, Rou, Valmale et de plusieurs autres structures aujourd'hui disparues.

Les architectes romains devaient maintenir une pente constante de 34 centimètres par kilomètre pour assurer l'écoulement gravitaire de l'eau. Cette contrainte technique imposait de contourner certaines collines par des tunnels ou de franchir les vallées par des ponts-aqueducs. Le Pont de la Lône illustre parfaitement cette maîtrise de l'hydraulique antique, conservant encore aujourd'hui les vestiges de son specus, le canal où circulait l'eau potable destinée aux fontaines, thermes et habitations de Nemausus.

La construction de l'aqueduc mobilisa des milliers d'ouvriers pendant plusieurs décennies. Les blocs de pierre calcaire locale furent taillés avec une précision millimétrique, assemblés sans mortier selon la technique de l'opus quadratum. Cette méthode de construction explique la remarquable conservation de certains tronçons, dont le Pont de la Lône qui résista aux siècles malgré l'abandon progressif du système hydraulique à partir du IVe siècle. L'aqueduc alimenta Nîmes pendant près de cinq siècles, débitant quotidiennement 400 000 mètres cubes d'eau pure.

Contrairement au Pont du Gard transformé en pont routier au Moyen Âge, le Pont de la Lône conserva sa fonction originelle et ne subit pas les modifications qui dénaturèrent d'autres sections. Cette authenticité en fait aujourd'hui un témoin privilégié des techniques hydrauliques romaines. Les archéologues y ont identifié les traces du système de régulation du débit et les vestiges des bassins de décantation qui permettaient de maintenir la qualité de l'eau tout au long du parcours vers Nîmes.

Le saviez-vous ?

Le nom « Lône » provient du terme occitan désignant un bras mort de rivière. Cette étymologie révèle que le pont enjambait probablement un ancien méandre du Gardon, aujourd'hui asséché mais visible sur les cartes anciennes.

Ce qu'on voit et fait sur place

  1. Les piles de fondation — Les vestiges les plus spectaculaires correspondent aux assises en grand appareil qui soutenaient les arches disparues. Ces blocs de pierre calcaire, parfaitement ajustés selon la technique romaine, témoignent de la solidité de la construction originelle. On distingue encore les traces d'évidement destinées aux crampons de bronze qui solidarisaient les pierres. La hauteur conservée atteint près de quatre mètres côté amont.
  2. Le specus et son revêtement — Le canal hydraulique présente encore par endroits son revêtement d'opus signinum, ce mortier hydraulique rose caractéristique des constructions romaines en contact avec l'eau. Large de 1,35 mètre et haut de 1,75 mètre, le specus était recouvert d'une voûte en berceau dont subsistent quelques claveaux. Les concrétions calcaires témoignent de cinq siècles d'écoulement continu depuis les sources d'Uzès.
  3. Les contreforts et culées — L'ouvrage conserve ses butées latérales qui assuraient la stabilité de l'ensemble face aux poussées hydrauliques et aux crues du Gardon. Ces massifs maçonnés révèlent l'anticipation des ingénieurs romains face aux contraintes naturelles. Les joints de mortier, encore visibles, montrent la qualité de mise en œuvre qui permit la conservation du monument pendant deux millénaires malgré l'abandon.
  4. Le système de filtration — Des vestiges de bassins de décantation sont identifiables en amont du pont proprement dit. Ces aménagements permettaient d'éliminer les sédiments charriés par l'eau depuis la source d'Eure, préservant ainsi la qualité de l'approvisionnement des citoyens de Nîmes. Les traces d'usure sur les pierres indiquent l'emplacement des vannes de vidange qui assuraient l'entretien périodique de ces ouvrages.
  5. L'environnement paysager authentique — Le site conserve son cadre naturel de garrigue méditerranéenne, offrant une vision fidèle de l'environnement que traversait l'aqueduc antique. Chênes verts, romarins et cistes ponctuent ce paysage calcaire typique du arrière-pays nîmois. Cette préservation permet d'imaginer concrètement le défi représenté par le tracé de cet ouvrage à travers un territoire accidenté et parfois hostile aux travaux de terrassement.

Conseils d'initié

  • Préférez la matinée ou la fin d'après-midi pour éviter la chaleur estivale intense sur ce terrain sans ombre
  • Munissez-vous de bonnes chaussures de marche car le sentier traverse des zones rocailleuses et parfois glissantes
  • Apportez de l'eau en quantité suffisante, aucun point de ravitaillement n'existe sur le parcours d'accès au site
  • La visite se combine idéalement avec le Pont du Gard distant de quelques kilomètres par la route
  • Consultez les panneaux d'information installés récemment par le Conseil départemental du Gard pour approfondir la compréhension technique
  • Respectez scrupuleusement l'interdiction de grimper sur les vestiges fragiles pour préserver ce patrimoine exceptionnel
À retenir absolument
  • Accès uniquement à pied depuis la route, prévoir 15 minutes de marche sur sentier non balisé
  • Site fragile sans surveillance : respect absolu des vestiges et de l'environnement naturel
  • Aucun équipement touristique sur place : ni toilettes, ni restauration, ni parking aménagé

Meilleure période

La visite s'apprécie particulièrement au printemps quand la garrigue se pare de ses couleurs les plus vives et que les températures restent clémentes pour la marche d'approche. L'automne offre également des conditions idéales avec une lumière dorée qui sublime les pierres calcaires des vestiges. Évitez les mois de juillet et août où la chaleur devient accablante sur ce terrain dépourvu d'ombre naturelle. L'hiver peut convenir aux plus motivés, mais attention aux sols glissants après les pluies méditerranéennes qui transforment les sentiers en terrain boueux.

Ce lieu apparaît dans nos guides

Questions fréquentes

Tout ce qu'il faut savoir

Est-ce que Aqueduct section « Pont de la Lône » est gratuit ?

Oui, l'accès est entièrement gratuit, il s'agit d'un site patrimonial en accès libre.

Quels sont les horaires de Aqueduct section « Pont de la Lône » ?

Le site est accessible 24h/24 toute l'année, mais préférez les heures de jour pour des raisons de sécurité.

Comment aller à Aqueduct section « Pont de la Lône » depuis Montpellier ?

Prenez l'A9 direction Nîmes, sortie Remoulins, puis suivez Vers-Pont-du-Gard. Comptez 1h de route puis 15 minutes de marche.

Peut-on visiter Aqueduct section « Pont de la Lône » avec des enfants ?

Possible mais déconseillé avec de jeunes enfants : marche d'approche sur terrain accidenté et site sans équipement de sécurité.

Quelle est la meilleure période pour visiter Aqueduct section « Pont de la Lône » ?

Printemps et automne sont idéals. Évitez l'été à cause de la chaleur intense et l'absence d'ombre sur le site.

Combien de temps faut-il pour visiter Aqueduct section « Pont de la Lône » ?

Comptez 45 minutes sur site plus 30 minutes de marche aller-retour depuis la route.

Crédits photos : Google Maps

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