TotalEnergies dans les amphis : le partenariat avec l'Université de Montpellier fait toujours polémique

Depuis la mi-juin, une convention pédagogique liant l'Université de Montpellier à TotalEnergies cristallise la contestation sur le campus de la faculté des Sciences. Le texte, conclu pour trois ans, organise l'intervention de salariés et retraités du groupe pétrolier auprès des quelque 80 étudiants du master mention Énergie, via le dispositif interne « Professeurs Associés ».
Concrètement, l'accord prévoit plus de soixante heures d'enseignement assurées par des cadres de l'entreprise, la participation de TotalEnergies à la rédaction de certains cours, des visites de sites industriels en région, un accès facilité aux stages et à l'alternance, ainsi qu'une présence du groupe dans les jurys d'évaluation et au conseil de perfectionnement de la formation.
Un vote arraché de justesse
La signature, le 11 juin, n'a rien eu d'un long fleuve tranquille. Le conseil de faculté s'est prononcé sur un score de parité totale, et c'est finalement la voix prépondérante du président de l'université, Philippe Augé, qui a permis l'adoption du texte. La présidence défend ce rapprochement au nom de l'employabilité des étudiants et de la nécessité de mieux appréhender les mutations du secteur énergétique.
Une mobilisation qui ne retombe pas
Du côté des opposants, la contestation prend plusieurs formes depuis près d'un mois :
- une action coup de poing du syndicat étudiant Scum (Syndicat de combat universitaire de Montpellier), qui a interrompu fin juin une conférence scientifique en pleine séance pour scander son opposition au partenariat ;
- une motion déposée par ce même syndicat devant la commission de la formation et de la vie universitaire, réclamant la résiliation pure et simple de l'accord — rejetée après débat, par 18 voix contre 9 ;
- un rassemblement d'une cinquantaine de personnes fin juin devant le bâtiment administratif de la faculté des Sciences, malgré la chaleur.
Les griefs avancés par les collectifs, syndicats et une partie des enseignants-chercheurs se recoupent : crainte d'une opération de communication de la part du groupe pétrolier, risque d'atteinte à la liberté académique, et malaise à l'idée qu'une multinationale du secteur fossile participe directement à l'évaluation des étudiants. Certains rappellent aussi que TotalEnergies a été condamnée fin 2025 pour des pratiques de greenwashing.
Une tendance qui dépasse Montpellier
Ce type d'accord n'est pas isolé : plusieurs médias locaux rappellent que des établissements comme Polytechnique, Paris-Saclay ou l'université de Pau ont noué des partenariats similaires avec TotalEnergies ces dernières années. À Montpellier, l'établissement se présente pourtant régulièrement comme l'une des universités les plus engagées au monde sur les sujets environnementaux, ce qui alimente la contradiction pointée par les opposants au texte.
À ce stade, la convention reste en vigueur et les premières interventions du groupe auprès des étudiants du master Énergie sont attendues dès la rentrée de septembre.
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