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L’exposition Gustave Fayet et ses jardins imaginaires à l’Abbaye Saint-André, à Villeneuve-Lez-Avignon, est un hommage au collectionneur-mécène et artiste, pour le centenaire de sa disparition. Gustave Fayet s’est inspiré des jardins de ses propriétés viticoles pour réaliser de remarquables jardins et des œuvres d’art aux supports variés, de la peinture, à la céramique, à des étoffes ou tapis.

La famille de Gustave Fayet (1865-1925) fait fortune au XVIIIe siècle par le transport d’alcools via le Canal du Midi. Gustave Fayet et ses jardins imaginaires traite des sources d’inspiration, du déploiement des œuvres en résonance avec ses demeures et jardins d’agrément. Des tableaux représentent les châteaux de sa famille à Béziers et Narbonne. Très tôt, Gustave Fayet est initié à l’art du dessin et à la peinture de paysage par son père Gabriel Fayet (1832-1899) et son oncle Léon Fayet (1826-1880). En 1899, il hérite de son père et de son oncle d’une fortune considérable qu’il fait fructifier par ses activités professionnelles. Il devient aussi collectionneur de peinture moderne dont des Van Gogh, Gauguin, Redon, Matisse… A titre gracieux, il exerce comme Conservateur au Musée de Béziers. Mais ses goûts avant-gardistes ne correspondent pas à ceux du public et de la Municipalité. En 1905, il décide de quitter Béziers et s’installe dans un appartement rue Bellechasse, à Paris, où il fait découvrir sa collection d’œuvres d’art qui ne cesse de s’agrandir. Très rapidement à l’étroit, il transfert cette collection au Château d’Igny, dans l’Essonne. Georges Moser (1899-1964), paysagiste reconnu et installé à Versailles, conçoit les jardins en consultant les plans proposés par Gustave Fayet.
L’Abbaye de Fontfroide, à Narbonne, acquise avec son épouse en 1908, est le chef-d’œuvre de Gustave Fayet. Cette abbaye cistercienne alors en ruine est restaurée sur une dizaine d’années. Gustave Fayet compose les jardins avec l’implantation d’un millier de cyprès, des rosiers…
En 1910 et 1911, il reçoit Odilon Redon (1840-1916), ces rencontres sont décisives dans la vocation artistique de Gustave Fayet. Tous deux se lient d’une profonde amitié. Gustave Fayet acquiert ses Noirs, et puis des œuvres oniriques. Pour la Bibliothèque de l’Abbaye de Fontfroide, Redon crée le majestueux décor : Le Jour, La Nuit et Le Silence. Ce peintre qui a participé à la genèse du Symbolisme perçoit le potentiel de Gustave Fayet, et l’encourage : « Quelle spiritualité souhaitez-vous apporter à votre travail ? » Il est d’abord interloqué, il menait de front sa vie professionnelle et sa passion pour l’art mais sans se positionner comme artiste. Redon devient son principal modèle.

L’exposition montre des aquarelles sur huile et également sur buvard – Gustave Fayet est l’initiateur de cette technique. Ce qui lui plait, ce sont les effets aléatoires de l’encre qui se diffusent.
La Villa Costebrune, près de Toulon, lui inspire des jardins méditerranéens et des panneaux de décoration dont un a été préservé et est exposé. Gustave Fayet envoie une lettre inventive à sa fille Yseult – le projet du jardin est dessiné et commenté. C’est près de cette villa qu’il rencontre la poétesse Elsa Koeberlé (1881-1950) pour qui il acquiert l’Abbaye Saint-André, en 1916. Il s’y rend souvent pour rendre visite à son amie. Une aquarelle la montre en jardinière, poussant une brouette, au côté de Génia Lioubow.
Toute une section est consacrée aux jardins imaginaires. Les aquarelles de Gustave Fayet pourraient illustrer le thème des Jardins de Vérone en Italie, sujet d’un recueil de son ami, le poète André Suarès (1868-1948). Il a été l’un de ses plus grands admirateurs et a rédigé des articles sur ses tapis. Gustave Fayet connaît la consécration par ses tapis aux motifs floraux. Une photographie représente l’exposition au Pavillon Marsan, l’actuel Musée des Arts décoratifs, à Paris.
Passionné de littérature et bibliophile, Gustave Fayet illustre par des ornementations Les Fleurs du mal, des poèmes indiens, le Cantique des Cantiques… L’ouvrage Fleurs qu’il réalise en 1925, l’année de sa disparition, est un herbier imaginaire et testamentaire, dédié à ses petits-enfants : « Ici ce n’est que rêve et fantaisie – c’est le jardin des bonnes fées, où les plantes sont heureuses et toujours parées des plus harmonieuses couleurs ; où elles vivent éternellement. » Il encourage les enfants à la créativité et leur explique que faire une tâche sur un cahier d’écolier, ce n’est pas grave, car d’une tâche peut naître le merveilleux.
Fatma Alilate
Exposition Gustave Fayet et ses jardins imaginaires
Villeneuve-Lez-Avignon
Jusqu’au 2 août 2026
Commissariat de l’exposition: Pierre Pinchon, Professeur en histoire de l’art contemporain, Aix-Marseille Université, UMR 7303 TELEMME-CNRS et Olivier Schuwer, Responsable coordination générale, programme de recherche de la Saison Fayet, avec la participation d’Elodie Cottrez, historienne de l’art.
Panneaux de salle : les étudiants du Master 2 Histoire de l’art moderne et contemporain (Parcours 1 Recherche), Aix-Marseille Université : Olivier Barriol, Romane Chabin, Martine Chevallier, Loana Dumond, Erinne Guerit, Lilia Meier-Meunier, Marie Nerini, Noémie Van-Assche
