Premier parc public d'Europe créé en 1745, site exceptionnel mêlant jardins à la française et vestiges gallo-romains autour d'une source sacrée.
À propos
Les Jardins de La Fontaine, l'adresse en bref
Les Jardins de la Fontaine constituent l'un des premiers parcs publics d'Europe, créés en 1745 autour d'une source sacrée vénérée depuis l'Antiquité. Ce site exceptionnel marie harmonieusement vestiges gallo-romains, jardins à la française et végétation méditerranéenne sur 15 hectares en plein cœur de Nîmes.
Histoire et patrimoine
Commandités par le roi Louis XV en 1745, les Jardins de la Fontaine naissent de la volonté d'aménager les abords de la source naturelle qui alimente Nîmes depuis des millénaires. Cette source, appelée Nemausus par les Gaulois, donna son nom à la ville et constitua le cœur d'un sanctuaire gallo-romain dédié au culte des eaux. Les Romains y édifièrent un ensemble monumental comprenant un nymphée, des thermes et un théâtre qui témoignent encore aujourd'hui de la grandeur de Nemausus Colonia. L'ingénieur Jacques-Philippe Mareschal et l'architecte Pierre Dardailhon conçurent ces jardins selon les canons de l'art paysager français du XVIIIe siècle, intégrant avec génie les vestiges antiques dans leur composition.
La partie basse du parc illustre parfaitement l'esthétique des jardins à la française avec ses parterres géométriques, ses bassins ordonnancés et ses alignements d'arbres taillés. Les concepteurs préservèrent scrupuleusement les ruines du temple de Diane, mystérieux édifice romain dont la fonction exacte divise encore les archéologues entre nymphée et bibliothèque du sanctuaire. Cette structure voûtée, remarquablement conservée malgré les siècles, constitue l'un des monuments antiques les mieux préservés de la ville. Les jardins s'étagent ensuite sur les pentes du mont Cavalier selon un plan en terrasses qui épouse naturellement la topographie du lieu, créant une transition harmonieuse entre l'urbanisme classique et le paysage méditerranéen naturel.
La partie haute des jardins adopte un style paysager plus libre, inspiré des jardins anglais qui commençaient à influencer l'art des jardins français au milieu du XVIIIe siècle. Cette section, aménagée en bosquets et en sentiers sinueux, conduit jusqu'à la Tour Magne, l'un des vestiges les plus impressionnants de l'enceinte augustéenne de Nîmes. Haute de 32 mètres, cette tour octogonale dominait autrefois l'ensemble urbain depuis le point culminant de la ville antique. Son nom dérive probablement de « magna turris », la grande tour, soulignant son importance stratégique et symbolique dans le dispositif défensif romain. L'ascension de ses 140 marches intérieures récompense le visiteur d'un panorama exceptionnel sur Nîmes, la Camargue et par temps clair, la Méditerranée.
Au fil des siècles, les jardins ont subi diverses transformations tout en conservant leur caractère d'origine. L'introduction d'essences méditerranéennes comme les pins parasols, les cyprès et les oliviers renforce l'identité méridionale du lieu, tandis que les platanes centenaires apportent une ombre bienfaisante lors des étés torrides du Gard. Les bassins alimentés par la source originelle abritent une population de carpes koï qui fascinent particulièrement les enfants et témoignent de la qualité constante des eaux de Nemausus. Cette continuité hydraulique depuis l'Antiquité fait des jardins un site vivant où l'histoire dialogue avec le présent. Les allées principales, redessinées au XIXe siècle, facilitent la circulation tout en préservant les perspectives monumentales voulues par les créateurs du XVIIIe siècle.
La reconnaissance patrimoniale des jardins s'est concrétisée par leur inscription à l'inventaire des Monuments Historiques, confirmant leur valeur exceptionnelle dans l'histoire de l'art paysager français. Cette protection garantit la préservation de l'équilibre subtil entre patrimoine antique, création classique et évolution naturelle qui caractérise ce site unique. Les jardins constituent également un remarquable conservatoire botanique méditerranéen où prosperent plus de 2000 espèces végétales adaptées au climat languedocien. Cette richesse floristique, combinée à la diversité architecturale du site, en fait un laboratoire vivant d'histoire, d'archéologie et de botanique qui continue d'émerveiller les visiteurs du monde entier après près de trois siècles d'existence.
La source qui alimente les jardins débite 60 000 litres d'eau par heure depuis des millénaires, une constance qui explique l'implantation humaine continue sur ce site depuis l'époque gauloise. Cette eau pure jaillit d'une résurgence karstique des Cévennes après un parcours souterrain de plusieurs dizaines de kilomètres.
Ce qu'on voit et fait sur place
- La source et les bassins principaux — Point de départ historique de la visite, ces bassins ordonnancés selon la géométrie classique française abritent des centaines de carpes koï aux couleurs éclatantes. L'architecture des quais en pierre de taille et les balustrades sculptées témoignent du raffinement de l'art décoratif du XVIIIe siècle. Les jets d'eau et cascades alimentés par la source originelle créent une ambiance rafraîchissante particulièrement appréciée durant les chaleurs estivales. Les bancs ombragés invitent à la contemplation de ce théâtre aquatique où se reflètent les facades classiques environnantes.
- Le Temple de Diane — Cette ruine romaine exceptionnellement conservée intrigue par son architecture voûtée et ses niches murales qui abritaient probablement des statues divines. Long de 15 mètres, ce monument témoigne du savoir-faire des architectes antiques dans l'art de la construction en petit appareil. Les archéologues débattent encore de sa fonction exacte entre nymphée du sanctuaire et bibliothèque publique. Les vestiges de colonnes et d'entablements dispersés aux alentours suggèrent l'ampleur du complexe religieux qui entourait autrefois la source sacrée. L'éclairage nocturne met en valeur les volumes intérieurs et crée une atmosphère mystérieuse qui évoque la grandeur de Nemausus antique.
- Les jardins à la française — Ces parterres géométriques illustrent parfaitement l'art paysager classique avec leurs buis taillés, leurs broderies végétales et leurs perspectives monumentales. Les allées sablées serpentent entre les massifs de buis centenaires taillés selon des motifs décoratifs traditionnels qui demandent un entretien méticuleux. Les essences choisies - lauriers, ifs, charmes - supportent parfaitement la taille répétée et conservent leur forme géométrique toute l'année. Cette section du parc offre de nombreux points de vue photographiques, particulièrement beaux au printemps lors de la floraison des massifs saisonniers. Les bancs disposés aux intersections principales permettent d'apprécier l'ordonnancement savant de ces jardins d'apparat.
- La montée vers la Tour Magne — Cette ascension de 30 minutes à travers la garrigue aménagée offre une immersion progressive dans la végétation méditerranéenne naturelle. Le sentier serpente entre chênes verts, arbousiers et cistes qui embaument lors de leur floraison printanière. Plusieurs belvédères aménagés ponctuent la montée et offrent des panoramas étagés sur la ville de Nîmes et ses monuments emblématiques. La diversité botanique s'enrichit à chaque palier avec l'apparition d'espèces rupicoles adaptées aux terrains calcaires. Cette promenade constitue une véritable leçon de botanique méditerranéenne en plein air, accessible à tous les publics grâce aux nombreux paliers et zones de repos.
- La Tour Magne et son panorama — Haute de 32 mètres, cette tour octogonale constitue le vestige le plus imposant de l'enceinte augustéenne de Nîmes et culmine à 114 mètres d'altitude. L'ascension de ses 140 marches intérieures, parfaitement conservées depuis l'époque romaine, mène à une plateforme d'observation exceptionnelle. Le panorama à 360 degrés embrasse la ville historique, la Camargue, le massif des Cévennes et par temps clair, la Méditerranée distante de 30 kilomètres. Un système d'orientation gravé dans la pierre identifie les principaux monuments visibles et les reliefs environnants. La descente s'effectue par un escalier en colimaçon qui révèle l'ingéniosité constructive des architectes romains dans l'art de bâtir en hauteur.
- Les jardins paysagers et la végétation méditerranéenne — Cette section haute adopte un style plus naturel où serpentent des allées ombragées entre pins parasols centenaires et cyprès élancés. La végétation s'organise en bosquets thématiques qui rassemblent les essences caractéristiques du bassin méditerranéen : oliviers, lauriers-roses, romarins et lavandes. Plusieurs aires de pique-nique aménagées permettent de prolonger la visite en famille dans un cadre bucolique. Les pelouses en pente douce invitent à la détente sous les frondaisons, particulièrement appréciées lors des chaudes journées d'été. Cette partie du parc abrite également un petit café-restaurant installé dans un pavillon XIXe siècle qui propose une restauration simple avec vue sur les jardins.
Conseils d'initié
- Privilégiez la visite matinale entre 8h et 10h pour éviter l'affluence touristique et profiter de la fraîcheur, particulièrement appréciable en été.
- L'accès à la Tour Magne est payant (4€ adulte) mais gratuit le premier dimanche de chaque mois d'octobre à mars.
- Munissez-vous de chaussures de marche pour l'ascension vers la Tour Magne, le sentier peut être glissant par temps humide.
- Les toilettes publiques se trouvent près de l'entrée principale et au niveau du café, pensez à vous renseigner avant la montée.
- Un petit train touristique relie les principales attractions de Nîmes et inclut un arrêt aux jardins, pratique avec des enfants.
- L'éclairage nocturne des jardins et monuments crée une ambiance féérique, la promenade est autorisée jusqu'à 22h tous les jours.
- Le parking du boulevard Gambetta offre 200 places gratuites mais sature rapidement en période touristique, préférez les transports en commun.
- Site entièrement gratuit sauf la Tour Magne, ouvert tous les jours de 7h30 à 22h sans interruption
- Montée vers la Tour Magne déconseillée aux personnes à mobilité réduite, dénivelé de 60 mètres sur 800 mètres
- Présence de carpes koï dans les bassins, interdiction formelle de les nourrir pour préserver l'écosystème
Meilleure période
Le printemps (mars à mai) représente la période idéale pour découvrir les jardins dans toute leur splendeur. Les températures douces permettent l'ascension vers la Tour Magne sans fatigue excessive tandis que la floraison des massifs saisonniers et des arbustes méditerranéens offre un spectacle coloré exceptionnel. L'été reste très fréquentable grâce à l'ombre généreuse des arbres centenaires et à la fraîcheur des bassins, mais privilégiez les créneaux matinaux ou en fin de journée. L'automne séduit par ses lumières dorées qui subliment les pierres antiques et la végétation aux teintes chaudes, avec l'avantage d'une fréquentation moindre. L'hiver, bien que plus austère, révèle l'architecture des jardins débarrassée de son feuillage et permet d'apprécier la structure monumentale du site par temps clair.
Le verdict
Ce qu'en pensent 18 616 visiteurs
Les visiteurs apprécient la beauté des jardins, la richesse historique du site et les vues panoramiques depuis la Tour Magne, avec une mention spéciale pour les carpes koï et l'ambiance paisible.
Ce qu'on adore
- Ruines romaines et fontaines splendides
- Nombreux chemins et points de vue
- Toilettes gratuites et café magnifique
Bon à savoir
- Beaucoup d'escaliers et de rampes
- Moins beau en hiver avec bruine
Ils y étaient
Quelques avis marquants
« Superbe parc avec des ruines romaines et des fontaines (j'y suis allé en janvier, mais si vous n'aimez pas le gris et la bruine, peut-être vaut-il mieux y aller quand ce n'est pas l'hiver) »
« Un super parc, un beau design et quelques ruines à découvrir. Plein de carpes koï dans l'eau à voir et assez de places pour s'asseoir et manger. »
« Un magnifique jardin avec de nombreux chemins, places et points de vue. Les escaliers et les fontaines sont véritablement splendides et on y découvre des vues panoramiques exceptionnelles sur la ville. C'est cependant une belle montée jusqu'au sommet, avec beaucoup d'escaliers et de rampes, alors n'oubliez pas de porter vos chaussures de marche ! »
« Joli parc pour une balade ou une belle randonnée avec beaucoup d'escaliers. Toilettes gratuites et un beau café dans un cadre magnifique. Je recommande vivement 🇨🇦 »
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Questions fréquentes
Tout ce qu'il faut savoir
Est-ce que Les Jardins de La Fontaine est gratuit ?
Oui, l'accès aux jardins est entièrement gratuit. Seule la montée à la Tour Magne est payante (4€ adulte).
Quels sont les horaires de Les Jardins de La Fontaine ?
Ouvert tous les jours de 7h30 à 22h00 sans interruption, y compris les week-ends et jours fériés.
Comment aller à Les Jardins de La Fontaine depuis Montpellier ?
Train depuis Montpellier Saint-Roch vers Nîmes (30 min), puis 15 minutes à pied depuis la gare SNCF de Nîmes.
Peut-on visiter Les Jardins de La Fontaine avec des enfants ?
Oui, parfaitement adapté aux familles. Les enfants adorent les carpes koï dans les bassins. La montée à la Tour Magne demande un effort physique.
Quelle est la meilleure période pour visiter Les Jardins de La Fontaine ?
Le printemps (mars-mai) pour la floraison et les températures douces. L'été reste agréable grâce à l'ombre des arbres centenaires.
Combien de temps faut-il pour visiter Les Jardins de La Fontaine ?
Comptez 2h à 3h pour une visite complète incluant la montée à la Tour Magne et la découverte de toutes les sections du parc.
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