14 février 2013 à 11h30 Partir à l’étranger un atout coûteux pour les jeunes par Philippe Bourguet

Partir à l’étranger un atout coûteux pour les jeunes

Pour la deuxième année consécutive, le salon « Partir à l’étranger » s’est tenu hier après-midi à l’Espace Montpellier Jeunesse. Une précieuse journée d’information pour les jeunes souhaitant s’expatrier.

 

 Partir àl’étranger cela fait rêver et « on a souvent un peula tête dans les étoiles ». Ainsi, pour aider les jeunes de 15 à29 ans souhaitant s’expatrier, une dizaine d’organismes se sontrassemblés à l’Espace Montpellier Jeunesse hier après-midi. Sur lesstands les visiteurs pouvaient se renseigner, s’inscrire et surtout demander si leurprojet est réalisable car « bien que ce ne soit pas difficile de partir, il fautd’abord que le jeune prépare sa tête » selon le représentant de Concordia. 

Avantage aux écoles de commerce
Malgrél’engouement des jeunes pour l’expatriation, leur mobilitéinternationale demeure faible en France. D’après une étudede l’Union Européenne pour l’année 2010, seulement 2 % des françaisâgés de 15 à 29 ans ont bénéficié d’un dispositif pour partir àl’étranger. Ce chiffre relève aussi d’énormes disparités : 82 %des étudiants en école de commerce sont partis et 70 % trouvent un emploi dès la sortie de leur cursus. Pour les étudiantsen université, ils ne sont qu’un tiers à s’être expatrié et 63 %éprouvent des difficultés à trouver un emploi après leurs études.

Un atout sur le CV
Pour remédier à ces inégalités, les membres de l’association Boardingates viennent une fois par mois à l’Espace Montpellier Jeunesse. « Nousessayons de les convaincre de partir, pour améliorer la langue,s’enrichir culturellement et leur faire comprendre que cela facilite leur insertion dans le monde du travail» explique EstelleCouderc, présidente de Boardingates.

Le taux est bien sur plus élevé pour les 25-29 ans du fait de la dureté dumarché du travail, alors que « c’est dès le lycée qu’il fautpartir » selon Estelle Couderc. « J’ai des amis allemandsqui sont partis a l’âge de 15 ans. On leur dit tu vas faire une annéepar ci, une autre par là. Et ils sont tous polyglottes ! » rajoute-elle.En effet, selon l’étude européenne, ce sont les jeunesd’outre-Rhin qui partent le plus souvent à l’étranger.

Paul, étudiantde 20 ans en architecture, s’intéresse au Québecet espère finir sa formation a l’étranger : « Pourquoi pas enstage. Je suis ouvert a tout tant que je voyage et que jerencontre des gens ». Surtout, partir à l’étranger demeureplus facile avec des organismes qu’en Erasmus « car c’est surdossier. Quand j’étais à la fac, seulement 20 personnes étaient prises sur 200 demandes » justifie-t-il.

Les jeunes bloqués par le coût
Pourquoi si peu de jeunes français tente le séjour à l’étranger ? Avant tout pour des raisons financières : « Pourpartir à Miami, ça coute 3 000 euros rien que pour le voyage »selon Manon et Justine. Ces deux lycéennes de 16 ans en section internationale au lycée Joffre partent régulièrement en Espagne depuis l’âge de 12 ans. Elles souhaitent par ailleurs revivre de telles expériences: « C’était génial, nous étions complétementimmergées. Pour nous c’est une deuxième vie et on rentre bilingue. Cet été, nous mettons de l’argent de coté pour partir à Los Angeles ».

Foued, 20 ans,étudiant en BTS commerce international, vient « pour avoir unmaximum d’information. Je suis là pour savoir si je peux trouver du travail dans ma branchedans un pays anglophone et revenir avec un CV en béton » avantd’ajouter que « dans mon entourage, nous sommes beaucoup àvouloir partir. Ce qui bloque souvent c’est le coûtfinancier ».

Petite déceptionpour les organisateurs, le public était surtout étudiant alorsqu’ils souhaitaient rencontrer d’avantage de lycéens. Nous ne sommespas prêts de rejoindre les allemands !


Pour plus d’informations :

Lesalon « Partir à l’étranger » a commencé par l’enregistrement d’une émission qui seradiffusée sur Radio Aviva le 27 février où les représentantsde chaque organisme ont présenté leurs services.

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A Propos de Philippe Bourguet