18 mai 2017 à 15h50 Montpellier : « La Nuit des taupes » de Philippe Quesne à hTh par Rédaction ToutMontpellier

Montpellier : « La Nuit des taupes » de Philippe Quesne à hTh

 

 

Philippe Quesne, plasticienet longtemps scénographe avant de signer son premier spectacle, traque lemerveilleux, le minuscule, pousse à l’extrême les expériences du quotidien etles relations entre l’homme et la nature. Il travaille sur de petitescommunautés qu’il regarde au microscope, comme les insectes qu’ilcollectionnait dans son enfance. Dans son œuvre, la scénographie est envisagéecomme un écosystème dans lequel il plonge ses acteurs.

Welcome to Caveland !

Il était septtaupes qui, alors qu’elles creusaient leurs galeries, ont débarqué dans unecage de scène. Sept taupes qui, soudain, vivent, mangent, dorment, meurent,travaillent, donnent naissance, copulent, s’amusent et s’improvisent groupe derock sous les yeux des spectateurs du hTh. Sept taupes qui vivent ensemble –une utopie pour cet animal réputé farouchement solitaire ! La Nuit destaupes invite ses spectateurs à s’engouffrer dans un monde parallèle, unmonde sans paroles et sans humains, qui se conquiert à coups de griffes et depioche, un monde électrique traversé par une musique underground, celle qui serépète dans les caves et les sous-sols. Dans ce spectacle à l’énergie sourde etexplosive, Philippe Quesne déserte la fable pour se concentrer sur les élémentsqui sont au cœur de son travail : les matériaux, la construction de l’espace,les bains lumineux dans lesquels il trempe ses personnages et la puissance dela musique. Ce monde en plastique et tout en carton, où les rochers sont enmousse et les abris en bois, transpose avec rage et poésie une réalité précairedans l’univers onirique et fantasmatique des cavernes. Se mêlent la rémanencede mythes anciens et l’atmosphère des films d’anticipation, les jeux d’ombresdes premiers temps du cinéma et le plaisir punk de la destruction. Abordant lafigure théâtrale par le biais du costume et de l’animal, Philippe Quesne livreici une œuvre profondément théâtrale, où la scénographie est en permanentemutation. Tandis que les taupes effectuent leur percée obstinée, se dévoile unmonde tout en tentures et en double-fonds, où l’artifice est révélé sans perdrepour autant de son merveilleux.

La « caverne » comme source d’inspiration
Très souvent, aux prémices desprojets de Philippe Quesne, il y a un mythe ou une parabole qui joue un rôleimportant dans son processus de création. Pour Philippe Quesne : « La caverne est un lieu de rêverie ouvert aufantastique mais aussi propice à une réflexion sur une part sombre etmystérieuse de l’humain, avec toutes les ambiguïtés que comporte le fait de se réfugier dans un trou. »Philippe Quesme veut interroger cette allégorie de la caverne. La taupe est unanimal considéré comme nuisible, elle creuse des galeries qui minent le sol. Cetanimal, comme la caverne, a inspiré Philippe Quesme : « Pour exister, cet animal a besoin de s’annexer des territoires, de s’inventerdes mondes. C’est un animal artiste, la taupe est fragile. Tout ce qu’ellea besoin d’éjecter de sous la terre devient des petits monuments. » Lessujets qui traitent de la dimension caverneuse traitent de la Terreet de ses habitants et questionnent donc notre société.

La Nuit destaupes (Welcome to Caveland !) dePhilippe Quesne

hTh humainTROP humain – Domaine de Grammont

Avenue AlbertEinstein – Montpellier

Création, mise en scène etscénographie : Philippe Quesne 

Avec : Yvan Clédat,Jean-Charles Dumay, Léo Gobin, Erwan Ha Kyoon Larcher, Sébastien Jacobs, ThomasSuire, Gaëtan Vourc’h 

Durée : 1 h 45

BilletteriehTh : + 33 (0) 4 67 99 25 00

Tarifs : 5à 20 euros.

Lundi 22, mardi23 et mercredi 24 mai à 20 heures.

Rencontre avec l’équipe artistique àl’issue de la représentation le mardi 23 mai 2017.


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