27 février 2013 à 17h13 Montpellier 2014 : Le coup de force de Jean-Pierre Moure par Cedric Nithard

Montpellier 2014 : Le coup de force de Jean-Pierre Moure

Grand raout ce matin au café Riche pour l’officialisation de la candidature de Jean-Pierre Moure aux municipales.

 

 Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu’ils ont entendu le cri… ou plutôt l’appel de Jean-Pierre Moure. Le président de l’Agglomération de Montpellier devient officiellement aujourd’hui candidat à la candidature socialiste pour les élections municipales de 2014 à Montpellier : « Je pense être le candidat le mieux placé à gauche pour appeler au rassemblement et redonner à cette ville l’ambition qui doit être la sienne. Mais un rassemblement très large aux antipodes de ce qu’est le sectarisme.« 

C’est un véritable coup de force politique qu’a réalisé Jean-Pierre Moure. Dans ses rangs des acteurs politiques, économiques, culturels et sportifs. De Christian Assaf à Louis Nicollin, de Gabrielle Deloncle à Talaat El Singaby, de Remy Levy à Marcel Salerno ou encore Julie Frêche, Patrice Canayer, Philippe Blain… Le réseau de soutien est vaste et influent.

Offensif et déterminé, il déclame son discours revenant sur son attachement à la ville : « Je me sens profondément Montpelliérain. C’est la ville de mon père. Celle qu’il a quittée précipitamment pour prendre le maquis à 17 ans« . Glissant au passage un hommage de circonstance à Stéphane Hessel.

A la terrasse du Café Riche, Jean-Pierre Moure a dressé un portrait de la ville « en léthargie » : « Montpellier tourne au ralenti. Elle a besoin d’un nouvel élan« . Il est revenu avec nostalgie tout en images sépia sur la ville de sa jeunesse : « Celle où le dimanche j’allais voir jouer le SOM sur le terrain du Parc à Ballons du côté du Pont-Juvénal tandis que sifflait le petit train jaune« .

Avec une bonne partie de la Frêchie derrière lui, il cite en guide l’Imperator et les années passées à ses côtés : « Avec Georges Fêche, durant plus de dix ans, je me suis battu pour un territoire dont Montpellier était la ville centre et nous avons fait de belles choses. »

Sa vision actuelle de Montpellier, dont il prend les habitants comme témoins, est celle d’une ville morose presque en ruine : « Une ville qui déprime, c’est une ville qui ne s’aime plus. Et une ville qui ne s’aime plus, c’est une ville qui s’abandonne« . A trop tirer le trait, Jean-Pierre Moure joue un jeu dangereux.

Pour résoudre les problèmes (chômage, économie…), l’actuel maire de Cournonsec souhaite « qu’un même exécutif soit à la tête des deux collectivités : la Ville et l’Agglomération« . Complétant par une qualité qu’il s’autorise : « un oeil neuf de celui qui ne faisait pas partie de l’exécutif sortant« .

Ayant sans doute oublié que c’était son mentor qui avait voulu Odysseum, Jean-Pierre Moure veut redynamiser le centre-ville : « Parfois j’ai le sentiment quand je me balade dans cet Ecusson autrefois si fringuant et animé que son coeur s’est arrêté de battre« . C’est pour cela qu’il a tenu à ce que sa candidature se fasse sur la Place de la Comédie et que son QG de campagne s’y installe.

Ce paysage désastreux de Montpellier constitue autant d’attaques à destination des mandats d’Hélène Mandroux qu’il est heureux que ces deux là soit dans le même camp. Jean-Pierre Moure y est d’ailleurs allé de sa petite phrase à l’intention des deux autres candidats : « Je ne viens pas vous proposer un rêve facile, je ne viens pas vous proposer des antidépresseurs. D’ailleurs je ne suis ni anesthésiste, ni dentiste. » Provocant l’hilarité et les applaudissements de la foule toute conquise à sa cause.

Reste que ce coup de force de Jean-Pierre Moure ne présage pas des temps sereins au sein du PS montpelliérain. Les militants s’exprimeront à la mi-octobre pour désigner leur candidat officiel. D’ici là, les observateurs de la vie politique devraient bien s’amuser. Pas sûr que cela fasse beaucoup rigoler les montpelliérains.

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A Propos de Cedric Nithard