28 mai 2015 à 17h18 Les lettres des poilus ordinaires : conférence et lecture théâtralisée par Mylene Colmon

Les lettres des poilus ordinaires : conférence et lecture théâtralisée

Cultivateurs, ouvriers agricoles, artisans ont quitté leur village en 1914 pour devenir soldats. Depuis les tranchées, un seul moyen pour garder le lien avec leurs proches : écrire. Le CNRS invite le grand public à découvrir le 28 mai 2015, ce que révèle la parole écrite des poilus ordinaires en rencontrant Agnès Steuckardt, professeur en sciences du langage au laboratoire Praxiling (UMR 5267 – UPVM/CNRS), coordonnatrice du projet « Corpus 14 » 1 , labellisé par la Mission Centenaire 14-18. Lise Kastenbaum et Mickaël Pelissier, étudiants en master « Cinéma et Théâtre » à l’université Paul-Valéry Montpellier, interprèteront Marie et Pierre Fabre, cultivateurs et meuniers héraultais, en lisant leur correspondance privée.

 

Marie et Pierre Fabre sont cultivateurset meuniers dans la commune de Le Soulié dans l’Hérault. Ils ont25 ans quand la guerre éclate. Pierre est incorporé dans le 58erégiment d’infanterie le 3 aout 1914. Blessé dès les premierscombats en Meurthe-et Moselle, il est hospitalisé au Lycée de Paureconverti en hôpital militaire temporaire. Il écrit à Marie ;elle attend un enfant qui naitra mi-novembre. Marie doit effectuer denombreux travaux agricoles et remplacer aux champs les hommes partisà la guerre. Elle met l’énergie qui lui reste à écrire à sonmari.

Au cours de cette manifestation, lepublic est convié à écouter la parole écrite de Marie et Pierre.Comment évoquent-ils leur vie quotidienne ? Quels sont leursinquiétudes, leurs pensées ? Quel est leur rapport au discourspatriotique ? Comment évolue-t-il ? Quel regard portent-ils sur les« boches » ? Comment envisagent-ils le retour de Pierre au foyer ?

Par le biais de l’écriture, despetites histoires personnelles, familiales, villageoises s’inscriventdans l’Histoire de la Grande Guerre, comme autant de témoignagestouchants de nos aïeux. S’ils ont appris les rudiments del’écriture à l’école de la IIIe République, leurs occupationshabituelles ne les confrontaient guère à cette activité.L’expertise d’Agnès Steuckardt sur les lettres de simplessoldats et de leur famille originaires de la région montrera dequelle manière le français était maitrisé et diffusé dans lemonde rural et peu scolarisé du début du XXe siècle. Commentécrivaient-ils ? Sur quel support, avec quels instruments, dansquelles conditions ? Ecrivaient-ils dans leur langue première, leurdialecte ?

Une exposition sera installée dans lehall de la délégation, du 20 mai au 6 juin, du lundi au vendredi,de 8h à 17h. Réalisée par Praxiling avec la collaboration de laBibliothèque interuniversitaire de Montpellier (bibliothèqueuniversitaire des lettres et sciences humaines, R Llull), elleprésentera un aperçu des 657 lettres et cartes transcrites parl’équipe « Corpus 14 ».

Informations pratiques :

L’entrée est gratuite et ouverte àtous. Le café est offert avant la séance. La manifestation commenceà 13h dans l’amphithéâtre de la délégation régionale du CNRS,1919 route de Mende, à Montpellier. Accès : Tramway ligne 1,direction Mosson, arrêt St Eloi, puis bus ligne 22, directionClapiers-Jacou, arrêt CNRS.  

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A Propos de Mylene Colmon