22 janvier 2018 à 15h38 Latifa Laâbassi au Centre Chorégraphique national de Montpellier par Rédaction ToutMontpellier

Latifa Laâbassi au Centre Chorégraphique national de Montpellier

 

J’avais envie qu’on entende certains mots,presque des « gros mots » : socialiste, communiste, anarcho-communiste,fasciste. Je voulais que des mots nomment concrètement le lien danse et lachose politique dans ces années-là, par exemple qu’est-ce qu’êtredanseur-ouvrier, danseur-communiste ? Qu’ils résonnent, qu’ils fassenteffraction dans cette montagne de serviettes éponges.

IsabelleLaunay, interprète de La part du rite


Pourcette résidence au Centre Chorégraphique national de Montpellier, LatifaLaâbissi, chorégraphe et danseuse, s’intéresse à la façon dont le signifiant «sorcière » a été appliqué par les détenteurs du pouvoir à des femmesconsidérées comme dangereuses et importunes, au fil des siècles. La part du rite est proposée jeudi 25janvier ; Latifa Laâbassi revient pour sa thématique sur la danse allemandedes années 20. La performance Écran somnambuledans laquelle Latifa Laâbassi incarne une sorcière, mercredi 31 janvier,sera suivie de Witch Noises. MaryAnne Santos Newhall chorégraphe, danseuse et historienne américaine, a transmisà Latifa Laâbissi sa version du solo Hexentanzde Mary Wigman, basée sur des archives, textes et photographies inédites.Latifa Laâbissi a incorporé cette transmission et imaginé une nouvelle figurequ’elle cannibalise pour devenir, avec le musicien Cookie, le duo Witch Noises.

La partdu rite

Vous distinguez une forme immobile sous un tasde serviettes blanches. Une silhouette s’active autour d’elle, l’entoure degestes minutieux. Ouvrière ou officiante, elle plie, tord, secoue, modèle cettemomie anonyme comme un paquet de linge. Puis vous distinguez une voix, sansêtre tout à fait sûr de sa provenance : une voix étouffée, hésitante, une voixproche et lointaine qui dit : « changer le monde en changeant la qualité de sonpropre mouvement ». (…) À la fois conférence, performance, installation, cettepièce creuse le lien unissant chair et mots pour en révéler les zones de creux,de heurts, les résidus, les devenirs. Dans une tension constante entremanipulation, articulation et désarticulation, une chorégraphe et unethéoricienne de la danse cherchent à brancher des idées sur des états, desfigures sur des matériaux ; à explorer différents régimes esthétiques pour enquestionner l’actualité. Comme des opératrices – parlées, remuées par plusieursstrates de mouvements, de références, Latifa Laâbissi et Isabelle Launayréveillent une histoire engourdie : toutes deux bordées par le dispositifenveloppant de la scénographe Nadia Lauro, elles brodent cette histoirefragmentaire pour mieux la faire déborder de son cours.       GillesAmalvi

Écran somnambule

Pièce majeure de l’expressionnisme allemand, La Dansede la sorcière a laissé derrière elle unetrace incomplète, qui continue de hanter l’inconscient de la danse à la manièred’un mauvais rêve : un film de 1’40”, datant de 1926, qui montre Mary Wigman aubord de la transe, les membres comme électrifiés, réagissant aux rythmes sourdsdes percussions. Cette esthétique du contraste, de la rupture abrupte, où lecorps devient le traducteur d’états contradictoires, comment en restituer lepotentiel perturbateur sans la momifier ? Ne reproduisant que ce que montrentles images du film, Latifa Laâbissi se glisse dans le corps de la sorcière, etplonge la scène dans un état hypnotique où chaque mouvement dévoile sa lenteconstruction. Opération proprement cinématographique le ralenti dévoile uneautre écriture à la surface du même : elle introduit une distance vis-à-vis del’original tout en redonnant son relief, son état d’extrême tension à cettefigure inquiétante. Incarnation d’un film ou reproduction d’un corps ? (…) Écransomnambule : une surface de projection où viennent se déposer formes etréférences, monstres intérieurs et fragments de réel dans un va-et-vientconstant entre passé et présent, désenvoûtement et réactivation.     GillesAmalvi

La partdu rite

Conception: Latifa Laâbissi | Interprétation :Latifa Laâbissi et Isabelle Launay |Conception visuelle : Nadia Lauro |Direction technique : Ludovic Riviere

Jeudi 25novembre 2018 à 20 heures au Studio Bagouet, ICI—CCN

Tarifs :10€ / 8€ / 5€ | Pass Par/ICI : 16€

Écran somnambule

À partirdu film Mary Wigman (1930), extraitde La Danse de la sorcière(Hexentanz, 1926) | Conception et interprétation : Latifa Laâbissi | Conception de la figure : Nadia Lauro | Lumière : YvesGodin | Création son : OlivierRenouf d’après l’interprétation instrumentale de H-B Lesguillier (d’après la musique de H. Hasting et W. Goetze) | Direction technique : Ludovic Rivière

Suivi deWitchNoises

Performance: Latifa Laâbissi | Percussions : Henri Bertrand « Cookie » Lesguillier |Chorégraphie et transmission : Mary AnneSantos Newhall | Figure : NadiaLauro | Création lumière : Yves Godin| Conceptionamorcée lors de « Scène du geste », conception et commissariat artistique : Christophe Wavelet, en collaboration avecle CN D – Centre national de la danse de Pantin en 2015

Mercredi31 janvier 2018 à 19 heures au Studio Bagouet, ICI—CCN

Tarifs :10€ / 8€ / 5€ | Pass Par/ICI : 16€

ICI – Centre Chorégraphique NationalMontpellier Occitanie

Agora – Boulevard Louis Blanc, Montpellier

Réservations: +33 (0)4 67 60 06 79 / billetterie@ici-ccn.com

www.ici-ccn.com

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