06 février 2015 à 15h17 Blacko à l’Antirouille par Mylene Colmon

Blacko à l’Antirouille

Le rappeur Blacko, ex-membre du groupe Sniper, sera en concert demain, samedi 7 février, à l’Antirouille. En première partie, A2H, rappeur français inspiré par la scène américaine et T Kimp Gee.

 

Lespieds sur le bitume et la tête dans les étoiles, Blacko est unartiste à part. Il a pour ainsi dire inventé son propre style,entre rap et reggae, hip hop et dancehall, flow et chant. Après unretour aux sources salvateur, il est désormais prêt à s’offrirune nouvelle jeunesse avec un EP aussi lourd que le poids de seslyrics enfumés. Faya !
Avec ses longues dreadlocks noires etson charisme naturel, Karl Appela, alias Blacko, peut se targuerd’une carrière exemplaire. Celui qui a commencé en traînant sesguêtres dans les sessions « open-mic » du 9.3. de son enfance,Montfermeil, là où il a grandi en Seine-Saint-Denis, a connu unparcours mouvementé. Un chemin semé d’embûches, avec de nombreuxhauts, notamment l’énorme succès commercial (disques d’or etZéniths complets à l’appui) de son groupe de l’époque, Sniper,mais aussi quelques bas, comme cet accident de scooter qui a faillilui coûter la vie en 2009. Aujourd’hui, c’est avec le sourirequ’il se rappelle de cette époque difficile : « J’ai eu deuxaccidents de bécane en une semaine. On m’a refait un quart duvisage. J’avais un casque semi-intégral et il s’est explosédans ma tête. J’ai du rester chez moi pendant six mois, du coupj’ai écrit. J’ai eu envie de faire un disque un peu spirituel ».En résulte Enfant du Soleil, un album reggae-roots mis en lignegratuitement. « Ce n’est pas que je n’aimais plus le rap, j’aicommencé ma carrière en faisant du rap, mais j’avais envie defaire du reggae. C’est la musique que je préfère, donc j’avaisenvie d’une expérience dans ce style là ».
Ce « choc »physique et artistique permet à l’artiste de se remettre enquestion et de se redécouvrir en tant que personne. « J’avaisbesoin de prendre du recul. Dans la vraie vie je m’appelle KarlAppela. Je n’ai aucune formation à part la musique, j’ai arrêtél’école à 16 ans ! Ma formation professionnelle c’est ’1, 2check le mic !’ ». C’est d’ailleurs avec quelques regrets quele « MC Reggaeman » se rappelle de ses débuts : « Ma conseillèred’orientation m’a fait une désorientation : elle m’a envoyédans l’ébénisterie. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait.J’ai pris la décision d’arrêter, et de me consacrer uniquementà la musique ». Quinze ans plus tard, il n’a pas changé, c’esttoujours le même Blacko « à l’ancienne mais avec le mental d’unmec de son âge ! ». À 35 ans et père de famille, il se considèredésormais trop vieux pour raconter des histoires. « Je chante ceque je ressens, ce que je pense, parce que l’on ne vit qu’unefois. La vie est trop courte pour jouer un rôle. Si demain tu prendsun bus dans la gueule, tu seras mort dans quel film ? ». Il insiste: «Je ne me considère pas comme un rappeur. Je suis un griot. Unslammeur bizarre. Je n’ai même pas le terme. Mais un rappeuraujourd’hui, c’est trop de clichés : la voiture de sport, le culqui remue à gauche, le flingue à droite… Ce n’est pas moi ça !».
Ce nouveau projet, c’est donc un peu le meilleur desdeux mondes, couvrant tous les spectres de sa carrière, allant duBlack Renega, pointure rapologique, jusqu’à l’Afrikaf,ambianceur reconnu dans les meilleurs sound-systems. Soit lamusicalité et l’énergie du hip hop additionnées à la sagesse etaux émotions transmises dans le reggae.

À19h30 à l’Antirouille
Prixdes places : 15,80 €.

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