29 janvier 2013 à 12h33 A Montpellier, l’open data au service des personnes handicapées par Philippe Bourguet

A Montpellier, l’open data au service des personnes handicapées

Une association en faveur de l’utilisation des logiciels libres organise des opérations de saisies de données a travers la ville pour déterminer l’accessibilité des magasins aux personnes à mobilité réduite.

 

Depuis janvier 2012, l’association Montpel-libre organise à travers la ville des « cartoparties ».Ces opérations consistent à saisir les données dans chaquequartier pour déterminer l’accessibilité des magasins aux personnesà mobilité réduite. Elles sont organisées en partenariat avec laville de Montpellier, la FRUL et la communauté local d’OpenStreetMap. Ce site est l’équivalent de Google map version « logiciellibre » (c’est à dire où chacun peut contribuer et réutiliserles données à condition de s’inscrire).

Première étape :
Les volontaires sillonnent l’un des quartiers de la ville pour repérer tous lescommerces. Les participants s’arrêtent devant chaque magasin,mesurent la largeur des portes et la hauteur des seuils. Si lahauteur est supérieure à 5 cm, les participantscochent « inaccessible ». Toutes les données sont inscrites sur unefeuille avec le nom des magasins, leurs coordonnées, le type decommerce et bien sûr les caractéristiques techniques.

Deuxième étape :
« Lasaisie-partie », qui se tient dans l’arrière-salle de Kawenga (un espace numérique de travail), situé boulevard Louis-Blanc. Lesvolontaires vont récupérer toutes les données pour les rentrer sur OpenStreetMap. La dernière « saisie-partie » a eu lieumardi dernier de 14h à 19h et concernait les quartiers Mosson, Hautde Massane et Celleneuve. En début d’après-midi, un petit groupecomposé de deux retraités et d’un étudiant s’installetranquillement. Ça discute et boit le café avant de commencer letravail. Pas de panique, ils ont jusqu’au début de la soirée pourterminer leur tâche.

La saisie-partie s’est déroulée enprésence de Pascal Arnoux, président de Montpel-Libre et MichelHeywang, directeur de Handicape 34, deux ardents défenseurs dulogiciel libre, et chargés d’en réaliser la promotion à traversleur association respective.

«J’ai connu l’opération en lisant lesjournaux. J’ai vu une petite annonce qui parlait de la cartopartie. J’ai regardé ce que c’était et qu’il y avait un rapport avec OpenStreetMap pour lequel je suiscontributeur depuis 2 ou 3 ans » explique Jacques 66 ans. Soncompagnon du même âge ajoute que cette opération concerne aussi« les mamans avec poussette ou les personnes âgées ».

Sellou Diallo, étudiant en SIG(système d’information géographique), a aussi connu l’opérationen tant que contributeur à OpenStreetMap. Il participe depuis « àtoutes les cartoparties, notamment la saisie, sauf une fois». Ilestime qu’environ 60 à 70 % des magasins sont accessibles auxhandicapés « bien que des fois, ils respectent la hauteur dela marche, mais les toilettes ne sont pas accessibles auxhandicapés » nuance-t-il.

Ce type d’opération s’inscrit dans laphilosophie de l‘Open Data qui consiste à fournir des « donnéesouvertes » accessibles à tous sur des sites en « logiciel libre » tel que OpenStreetMap. Lesinternautes peuvent ensuite récupérer ces données et lesréutiliser ou les transformer sur un autre site. En effet, OpenStreetMap se limite à une carte avec des logos. « Les gensveulent voir des photos, des cheminements, des vidéos… bref quelquechose de plus élaboré, de plus esthétique » précise PascalArnoux. Par ailleurs, la prochaine Rencontre Mondiale dulogiciel libre se tiendra à Montpellier du 5 au 11 juillet 2014.

Les résultats de la dernière cartopartie sont disponibles ici.

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A Propos de Philippe Bourguet